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C’est quoi pour moi être officiante ?


Ma charte d’officiante !

charte d'officiante pour une cérémonie
© Ernestine et sa famille

Ces derniers temps j’ai beaucoup réfléchi à ce que représentait mon métier, à la manière dont je définirais ma mission. Et cette question me semble en fait assez ardue. Je fais beaucoup de choses à l’instinct et la frontière est ténue entre la professionnelle et la personne que je suis. Mais je pense que c’est aussi ça qui construit ma conception de ma mission d’officiante. Alors j’ai eu envie de réunir mes idées et mon approche dans un article comme une charte d’officiante. Ma charte d’officiante comporte six grands points :

  1. Tout part d’une rencontre
  2. Chacun.e est unique ne l’oublie jamais
  3. Du sur-mesure tu créeras à chaque fois
  4. Les stars ce sont les mariés
  5. Toutes les histoires sont belles à raconter
  6. Du plaisir, tu prendras à chaque instant !

Pour le détail c’est ci-dessous ! Attention article fleuve !

Temps de lecture : 5 bonnes minutes 🙂

De l’importance de la rencontre

Les personnes dont je dois parler, les personnes que je dois écouter et représenter ce sont celles qui forment le couple des mariés. C’est pourquoi il me semble nécessaire que nous nous rencontrions avec eux. Je parle là de rencontre au sens fort du terme. La rencontre entre un couple et son officiante c’est l’étape nécessaire pour une cérémonie réussie, après la rencontre du couple évidemment !

charte d'officiante pour une ceremonie.fr
© Mikayla Herrick

Mes amis se moquent souvent de moi car après chaque rendez-vous avec un couple de mes mariés, je répète « je les aime bien eux » comme s’ils étaient mes préférés. Mais en fait ce sont tous mes préférés ! Avec chaque couple, il y a un lien qui se construit, des moments où ils me touchent particulièrement, des connivences évidentes et des sujets qui me posent question, me permettant d’aller encore plus loin.

charte d'officiante pour une ceremonie
© Brooke Cagle

Révéler le beau de chaque histoire

Toutes les histoires sont belles à raconter. Il y a du beau dans chaque événement, même dans les plus douloureux ou les plus gênants au premier abord. En préparant la cérémonie, on crée naturellement une intimité assez impressionnante avec les mariés. Une intimité digne d’une amitié bienveillante où je cherche à comprendre leur histoire sans jamais rien juger. C’est pourquoi je n’ai pas de tabou.

J’aime qu’on aborde les joies extrêmes, mais aussi les failles car elles participent des personnes qui forment le couple que l’on va célébrer. Ainsi, pour moi, créer des cérémonies sur mesure c’est intégrer, parfois juste entre les lignes, une histoire, un parcours, des familles, des envies, et des angoisses aussi. Tout a sa place dans une cérémonie de mariage, on dose ensuite avec les volontés et les pudeurs.

charte d'officiante de pour une cérémonie
© Alvin Mahmudov

Parfois un conflit familial peut être le prétexte à un discours sur le thème de l’amour et de la tolérance. Parfois l’’évocation de la perte d’un être cher peut appuyer un message invitant à profiter pleinement des moments de joie. Ou pour être plus légère, certains petits secrets comme une rencontre sur Tinder peuvent être dévoilés pour mettre les coups de foudre numériques à l’honneur. On peut faire passer de jolis messages tout en douceur pendant la cérémonie. Il suffit simplement de regarder du côté du beau.

Créer une expérience unique

Ce sont toutes ces petites choses qui vont faire de la cérémonie un événement unique. Unique car à l’image des mariés, bien sûr. Mais aussi unique car elle correspondra à un moment de leur histoire. C’est l’occasion de faire un arrêt sur image pour partager avec leurs proches ce qu’ils sont et ce qui compte pour eux à cette étape de leur vie.

charte d'officiante pour une cérémonie

Alors on part toujours d’une feuille blanche et on déroule ensuite les options, qu’on garde ou qu’on écarte au fur et à mesure. Cela peut, parfois, déstabiliser les personnes que je rencontre pour la première fois. En effet, je n’ai pas de modèle de cérémonie à leur proposer, seulement des directions, des inflexions. Car le modèle, leur modèle, je vais le créer avec eux. Il leur ira parfaitement et n’ira parfaitement qu’à eux. Et le jour de leur mariage, les stars ce seront eux. Seulement eux, pas moi. Je serai seulement une passeuse. Celle qui les mettra en lumière.

charte d'officiante - pour une Cérémonie
© Gul Kurtaran

C’est ainsi que j’essaie de fabriquer une cérémonie en accord parfait avec les mariés. Prenons, par exemple, la question des rituels. Avec certains couples, je sais que le rituel n’aura pas de sens ou de valeur, qu’ils auront l’impression de mimer quelque chose qui ne leur ressemble pas, alors on laisse tomber. D’autres fois, je sens que certains rituels – parfois classiques – symboliseront parfaitement des valeurs chères aux mariés. Il y a toujours de l’universel dans le classique, ne le boudons pas !

Et il arrive aussi qu’au fil des rendez-vous, on construise un rituel unique avec les futurs mariés. Un rituel qui s’intègre complètement dans leur démarche et leur histoire. Réalisé par d’autres, il n’aurait aucun sens mais avec eux il s’impose naturellement.

Construire une cérémonie sur-mesure

Ainsi, je crée des cérémonies sur-mesure, c’est un fait. Je ne suis pas la seule officiante à privilégier ce format. Et pour être honnête, je considère que toutes les cérémonies devraient l’être. Certes, j’ai conscience que le sur-mesure a un coût, et que cela peut être une contrainte réelle. Alors oui, créer une cérémonie de ce type ça coûte de l’argent, et parfois on n’a pas les moyens ou le budget. Je respecte cela. C’est vrai, je bichonne mes clients, c’est la manière dont j’aime travailler, mais je respecte les choix de celles et ceux qui privilégient d’autres budgets.

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Conçu par Freepik

J’aime prendre le temps avec mes mariés, leur expliquer les options et leur raconter leur cérémonie. J’utilise des éléments concrets auxquels ils peuvent se raccrocher dans un premier temps : l’installation dans l’espace, la place de la musique, la façon de créer et verbaliser le symbolique dans la cérémonie. Peu à peu, je les vois s’approprier la cérémonie, leur cérémonie. Celle que nous fabriquons à partir de leur histoire et de leurs envies.

Mon rôle c’est d’être le chef d’orchestre pendant la préparation et le jour J. Je me vois comme une facilitatrice, je m’assure que les choses s’enchaînent avec fluidité. Je souhaite avant tout que les mariés et leurs invités se rappellent du moment dans sa globalité plus que de ma prestation de showgirl. Toujours ce fameux rôle de passeuse !

Une célébration aussi simple en apparence qu’elle a été élaborée en amont

Et oui, derrière mes airs de fille désinvolte et rigolote, je cache un côté très sérieux. Je fais des compte-rendu de rendez-vous, des listes de matériel à ne pas oublier le jour J. Je relance les retardataires pour qu’ils préparent leurs interventions à l’avance, j’écris ma cérémonie de A à Z et je la répète plusieurs fois avant de la célébrer le jour J. Parce que ce moment doit être parfait et en même temps très naturel. Et selon moi, il n’y a que la préparation rigoureuse en amont qui permette d’être pleinement à l’aise et détendu.e le jour J.

Ce sont tous ces éléments, portés par cette intention fondamentale, qui me permettent de donner vie à des cérémonies où l’on se rappelle essentiellement de la magie du moment. Je cherche toujours à créer des cérémonies à l’image de mes mariés évidemment, toutes en fluidité et en sincérité. Et quand en plus on me demande si je suis amie avec les mariés depuis longtemps, je danse intérieurement. Pour moi cette question boucle la boucle et symbolise au mieux le lien qu’on a créé et cette fameuse rencontre à laquelle je tiens tant !

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© Frans Hulet

Préparation du mariage et diplomatie

Ce qu’en pensent les autres

Mariage et diplomatie

Quand on se marie c’est un peu comme lorsqu’on fait un enfant : c’est une expérience qui vous appartient pleinement et pourtant tout le monde aura un avis sur vos choix, ou une expérience à partager avec vous*. C’est un fait, le mariage cristallise des souvenirs, des envies, des clichés aussi. Ce n’est pas grave en soi, c’est même plutôt intéressant et ça peut vous permettre d’aborder des sujets vraiment importants avec vos proches. Prenons trois exemples où mariage et diplomatie sont de mise.

« Moi à mon mariage je n’ai pas fait ça »

Cette phrase vous risquez de l’entendre assez souvent, notamment – mais pas que – de la part de personnes plus âgées. En effet, elles peuvent être déstabilisées par rapport à certains de vos choix et à des sujets qui ne leur semblent pas prioritaires par exemple. Alors avant d’interpréter cette phrase comme un simple « c’est nul ! », prenez un peu de recul 🙂

mariage et diplomatie familiale

On ne se marie plus de la même manière et plus complètement pour les mêmes raisons aujourd’hui. On se marie surtout parce qu’on a envie de le faire, pas parce qu’on doit le faire. La nuance est de taille car nécessairement on s’approprie son mariage différemment. Donc on choisit ses invités, oubliant parfois le cousin éloigné ou l’ancien collègue préféré de son père. Donc on organise une cérémonie laïque plutôt que de se contenter de la mairie ou de suivre un dogme religieux. Donc on prend parfois deux ans pour tout organiser.

Ce sont vos choix, ils n’ont pas à être remis en cause, mais pour des personnes passées par la case mariage à l’époque où les parents organisaient et décidaient cela peut être étonnant. Vous rappeler qu’on n’a pas fait les mêmes choix que vous, c’est une manière de remonter le temps. C’est aussi souvent le signe d’une envie de partager une expérience, un souvenir avec vous. Face à ce type de réaction, je vous conseille simplement de leur demander pourquoi elles n’ont pas fait comme vous. C’est une manière de leur redonner de la place, de montrer à ces personnes qu’elles vous importent. Vous apprendrez souvent plein de choses et les convertirez plus facilement.

« Tu es vraiment sûr.e de cette décision ? »

cérémonie de mariage et diplomatie
Bows of rope twine pink bouquets to white chairs

Là encore on touche à l’idée d’incompréhension. En vous interrogeant sur la pertinence de vos choix, on exprime son étonnement. C’est aussi une petite astuce de manipulation discrète, osons le dire. Mais tant mieux !

C’est vrai, quand quelqu’un nous pose ce type de question on a souvent tendance à douter. Et l’avantage d’une deuxième réflexion c’est qu’elle permet soit d’abandonner une idée finalement pas si dingue, soit de donner encore plus de sens et de valeur à une décision prise rapidement par intuition. Alors remerciez les adeptes du doute !

Une nouvelle fois, je vous invite à ouvrir le dialogue et à tendre l’oreille. Une maman qui demande à son fils s’il est sûr de ne pas vouloir faire une entrée du marié, c’est souvent une maman qui rêve d’accompagner son fils pour ce moment. Si votre meilleur ami tique sur votre cérémonie célébrée par un.e pro, c’est peut-être parce qu’il aurait aimé que vous le choisissiez comme officiant. Les gens se projettent souvent dans votre mariage, à vous d’échanger avec eux pour clarifier les situations.

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© Alex Holyoake

L’absence d’intérêt visible

Pendant les repas de famille, on ne vous pose pas de questions. Pendant les dîners de l’amitié on ne rebondit pas lorsque vous évoquez votre mariage. Oui, c’est un peu vexant, mais respirez !

Deux options sont envisageables. Soit vous en parlez trop et vos proches en ont assez. Oui, je sais c’est vexant aussi, mais c’est une option, pensez-y. Votre mariage c’est le vôtre, ça a une incidence dans votre vie, moins dans celle de votre entourage. Ici encore c’est comme lorsque vous attendez un enfant, cela va changer votre vie, beaucoup moins celle de vos proches. Cela peut vous blesser un peu mais c’est un fait.

Mariage et diplomatie
© Jenny Russel

La deuxième option c’est que vos proches ne veulent pas vous envahir ou qu’ils ne savent pas quelle implication avoir dans la préparation de votre mariage. C’est peut-être évident pour vous que votre frère viendra à l’essayage de costume ou que votre cousine préférée sera demoiselle d’honneur et organisera des animations pendant la soirée. Mais pour eux, ce n’est peut-être pas aussi clair. Alors n’hésitez pas à leur expliquer le rôle que vous les voyez jouer et à en discuter avec eux pour voir si l’exercice leur convient. Parole de fille qui tombe des nues, ravie cependant, à chaque fois qu’elle est invitée à un mariage 😉

raisons de se marier
© Pablo Heimplatz

Je pourrais enrichir ces exemples de mille autres. Petits détails, incompréhensions, déceptions, légères frustrations que mes marié.e.s ont croisées, mais là n’est pas mon but. Ce que je peux vous dire c’est que très régulièrement lorsqu’on évoque ces sujets, je pose la même question : « et tu lui en as parlé ? » Souvent, au rendez-vous suivant, le conflit larvé a été abordé, les mariés sont rassurés et on peut continuer à avancer avec sérénité. Quand c’est un peu plus compliqué, il m’arrive de prendre le relais. C’est parfois plus facile de désamorcer certains sujets avec une personne extérieure, comme l’officiante, il n’y a pas d’affect en jeu. Ça tombe bien, j’aime beaucoup jouer les diplomates et les renoueuses de dialogue !

Et vous, ça vous est déjà arrivé de devoir faire rimer préparation du mariage et diplomatie ?

*C’est rigolo ça marche aussi avec beaucoup d’expériences de vie, par exemple quand je dis que j’ai une formation en philosophie, 80% de mes interlocuteurs me racontent leur année de philo en terminale. Et je trouve ça très intéressant : c’est la preuve que personne n’est indifférent à la philosophie, même si je déplore quelques rendez-vous ratés dans ces fameuses classes de terminale.

Vœux de Tarah à Sélim

Les débuts d’une histoire d’amour

vœux de Tarah
© Tiko Giorgadze

Tarah et Sélim c’est l’histoire d’une rencontre imprévue. D’une erreur de rendez-vous et d’un quiproquo qui est devenu une histoire d’amour. Ou comment l’inattention peut être une qualité et faire bouger les lignes.

Pour rédiger ses vœux, Tarah a voulu revenir sur sa première rencontre avec Sélim, celle qui n’aurait pas dû avoir lieu, et pourtant…

Sélim, mon n’amour, mon loup, mon homme

Quand Emilie nous a demandé de lui raconter notre rencontre, j’ai eu un peu honte. Elle est belle notre histoire, mais notre rencontre présente la majorité de mes défauts en deux phrases. C’est vrai, je ne suis pas physionomiste et quand je suis stressée je ne suis pas très concentrée non plus. Et quand, en plus, je veux me prouver des choses, je fonce sans regarder autour de moi. Alors ce soir-là, je me suis précipitée vers toi pensant que tu étais le garçon avec qui j’avais rendez-vous ! J’ai vérifié en plus sur la photo, et je me suis dit « c’est lui ». Voulant me prouver que je pouvais moi aussi rencontrer l’amour sur une appli, j’ai foncé et je suis venue te saluer !

J’avais rendez-vous avec un petit brun d’origine italienne, avec une veste en cuir marron. Sur ses photos Tinder, il avait l’air pas mal et quand je t’ai vu, je me suis dit « ah ouais, il est plus beau qu’en photo et il n’est pas si petit en fait ». Je ne sais pas vraiment ce que tu as pensé en me voyant approcher mais tu es joueur, j’aime ça chez toi, et tu t’es laissé porter. Et tu m’as emportée.

Tu n’es pas franchement d’origine italienne mon Sélim, tu as pile la bonne taille, celle qui fait que je peux me lover dans tes bras, tu portais une veste en toile et non en cuir, mais si tu savais comme je suis contente de m’être trompée. Je me suis sentie tellement mal quand, à la fin du rendez-vous, tu m’as dit que tu serais ravi d’avoir mon numéro et que ce n’était pas si souvent qu’une fille venait te parler. Que tu aimais mon « assurance ». J’ai d’abord paniqué et je me suis dit que moi aussi je pouvais être joueuse, alors j’ai souri et j’ai récité mon numéro.

Une fois dehors j’oscillais entre la danse de la joie et la marche de la honte. Et j’ai reçu un message de ta part, le premier. En quelques mots, tu m’as fait sourire et le premier papillon est né dans mon ventre. Aujourd’hui des papillons dans le ventre, j’en ai plein !

Je ne les compte plus, ils sont nés de ton sourire, de tes attentions permanentes, ils se multiplient encore quand je te regarde et que tes yeux pétillent. Merci mon n’amour.

Merci d’avoir joué avec moi ! Merci de jouer encore avec moi, même si des fois ça m’énerve. Merci d’avoir été là, à la place de Marco 53 et de m’avoir fait vivre 3 années formidables. Nos premières. Car je sais qu’elles sont comme ton texto du premier soir, un avant-goût du bonheur à venir.

Je t’aime.

Retrouvez d’autres exemples de vœux de mariage

NB : les vœux de Tarah comme tous les modèles de la catégorie « Vœux et discours » sont le fruit de mon imagination. Comme on dit dans les films, « toute ressemblance avec des personnes réelles …. » 🙂

Créer un rituel personnalisé pour votre cérémonie laïque

Votre histoire comme base de votre rituel de mariage

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© Alvaro Reyes

Il y a les rituels qui existent et qui correspondent parfaitement à certains couples. Il y a les rituels dont on s’inspire pour les adapter à vos envies et il y a le rituel personnalisé que l’on crée à partir de votre histoire. Vous n’imaginez pas à quel point les anecdotes que vous me racontez peuvent être le matériau d’un vrai moment symbolique de votre cérémonie laïque.

On peut s’inspirer de l’histoire de votre couple, de traditions dans votre famille voire de vos blagues récurrentes du quotidien. Je vous raconterai bientôt la cérémonie de N&G qui regroupe un florilège de rituels et autres clins d’œil très personnalisés, et je vais essayer ici de vous présenter un panel des idées à partir de quelques envies que j’ai déjà croisées. Allons-y !

Inscrire vos débuts ou vos premières fois dans votre cérémonie laïque

Profitez de votre cérémonie pour raconter votre histoire et revenir sur vos débuts. Vous deux c’est une multitude de premières fois qui sont parfois devenues des rituels. Un de mes couples de 2019 s’est amusé à créer une régate de coquilles de noix lors de leur premier rendez-vous. Ça les a fait rire et ils ont construits leurs bateaux-noix. Depuis quand ils sont près d’un cours d’eau, ils y déposent un nouvel esquif de coquille. Evidemment, nous allons reprendre cette idée pour leur cérémonie. On est encore en train de finaliser le comment mais on sait déjà qu’on donnera vie à cette idée.

Un autre de mes couples a axé son rituel sur les voyages. En effet, aucun des deux ne voyageait vraiment avant de rencontrer l’autre. Or, depuis qu’ils sont ensemble, ils s’en donnent à cœur joie ! Je leur ai donc proposé de créer un tableau de voyages pour retracer les passés et prévoir les futurs.

rituel personnalisé voyages

Illustrer votre couple à travers votre rituel personnalisé

Se marier et organiser une cérémonie sur mesure vous permet de mettre en valeur ce que vous êtes et vos passions. J’ai ainsi eu un marié fan de Wagner cette année qui a imaginé un rituel inspiré de l’opéra Lohengrin. Avant de procéder au rituel du sable qui unissait la famille qu’ils ont construite, les mariés ont échangé des anneaux (qui n’étaient pas les alliances) lors d’un rituel de transmission. L’anneau du marié était gravé d’un symbole se référant au cor, à l’épée et à l’anneau que Logengrin remet à Elsa à la fin de l’opéra. Oui c’est un truc d’initiés, mais nous avons expliqué en quelques mots en quoi cet anneau plaçait les mariés comme parents et protecteurs de la famille; en insistant également sur la vocation de ces anneaux. Un jour, eux aussi, seraient transmis aux enfants de la famille pour les accompagner.

rituel personnalisé

Raconter son histoire c’est parfois aussi rendre hommage à ses traditions. Une de mes mariées a voulu utiliser le henné pendant la cérémonie. Dans la liste de nos idées, il y avait une variation au henné autour du rituel des mains liées. Je leur ai proposé de déposer une petite boule de henné au creux de chacune de leurs mains. Avant de prononcer leurs vœux, ils unissaient leurs mains, mêlant alors le henné dans leurs paumes. Leurs mains restées unies pendant tout l’échange de vœux, puis on retirait la boule de henné, mais la marque elle restaient. Ainsi, ils gardaient physiquement une trace du moment où ils avaient échangé leurs mots d’amour.

S’approprier des rituels existants

On peut aimer le sens d’un rituel mais avoir envie de l’adapter à ses envies. Ainsi quand on a évoqué l’idée de créer une capsule temporelle avec N&G, on a aussi intégré leur envie de garder un souvenir concret du lieu de la cérémonie. Ça tombait bien on était sur la plage ! Quelques-uns des amis des mariés ont donc apporté un objet-souvenir qu’ils ont glissé dans un bocal pendant que chacun.e des autres invité.e.s glissait chacun une poignée de sable ramassé sur la plage. La capsule temporelle qu’on a créée nous a donc permis d’enfouir les souvenirs dans le sable, comme un trésor à redécouvrir plus tard.

rituel personnalisé sable
© Ronan Le Pellec

Autre détournement de rituel classique pour créer un rituel personnalisé : le tableau des souvenirs de B&P. Ils aimaient l’idée d’un rituel participatif. Alors plutôt qu’un arbre à empreintes ou une bibliothèque des mariés, ils ont créé un tableau réunissant des photos apportées par leurs proches. A la fin de la cérémonie, chacun.e est allé.e accrocher une photo, celle d’un moment heureux partagé avec les mariés. Là encore, le but du rituel était de montrer l’importance et la place de chacun dans la vie des mariés. C’était aussi un moyen pour eux de garder, à travers un souvenir de la cérémonie, de nombreux souvenirs de vies bien remplies.

Evidemment ce ne sont que des exemples et il est possible que certains d’entre eux ne vous parlent pas. C’est normal, ils sont tellement liés à l’histoire et aux facéties des couples avec lesquels on a créé ces rituels. Pour eux comme pour toute cérémonie laïque que je crée, on part d’abord de vos envies !

«Aimer, c’est partager» par Martin Gray

Un classique de cérémonie : Martin Gray

« Aimer, c’est partager » de Martin Gray, c’est un classique. On l’entend beaucoup dans les cérémonies et ce n’est pas par hasard. Si Jacques Brel l’est aussi avec ses Souhaits aux aventuriers de la vie, avec Martin Gray on touche à autre chose. Jacques Brel, c’est la douceur et la poésie alors que Gray touche à quelque chose de plus solennel. Son ton est plus docte et nombre de ses textes peuvent être lus pour créer un moment plein de révérence.

Aimer, c'est partager
© Eva Balogh

Lire Martin Gray avec un peu de recul

Honnêtement, on peut puiser des textes très beaux dans le Livre de la vie, ou même dans Le nouveau livre, alors faites-vous plaisir ! Il y a de jolies définitions de l’amour, des réflexions sur le couple, la famille et le mariage qui portent à réflexion et peuvent apporter une belle émotion.

Mon seul bémol est dans la lecture complète de ces œuvres. Alors oui je sais, Martin Gray aurait 97 ans cette année et il a grandi à une autre époque ; il a traversé des épreuves horribles (aussi bien pendant la seconde guerre mondiale que plus tard quand il a perdu sa famille dans un incendie) mais pour le dire gentiment, ce monsieur n’était pas la personne la plus tolérante du monde. Quant à l’homosexualité notamment ou au rôle de la femme. Et c’est pour cela que j’ai été plus d’une fois circonspecte quand je lisais ses livres dans leur intégralité.

Ce bémol étant posé, je vous laisse juges des textes et vous présente ce classique de cérémonie. Il fait partie de ces définitions qu’on imagine bien lues par un parent ou une figure parentale. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Alors aimer c’est quoi selon Martin Gray ?

Aimer, c’est partager des mots, des regards, des espoirs, des craintes.
L’Amour n’est jamais contrainte.
Il est joie, liberté, force.
L’Amour est emportement et enthousiasme.
L’Amour est risque.
N’aiment et ne sont pas aimés ceux qui veulent épargner, économiser leurs sentiments.
L’Amour est générosité, l’amour est prodigalité, l’amour est échange.
Qui donne beaucoup reçoit beaucoup en fin de compte.
Car nous possédons ce que nous donnons.
Aimer ce n’est pas mutiler l’autre, le dominer, mais l’accompagner dans sa course, l’aider.
Savoir accepter l’autre tel qu’il est.
Être joyeux du bonheur qu’il trouve.
L’aimer dans sa totalité : pour ce qu’il est, laideur et beauté, défauts et qualités.
Voilà les conditions de l’Amour.
Car l’Amour est une vertu d’indulgence, de pardon et de respect de l’autre.

 

Martin Gray, Le livre de la vie, « Aimer, c’est partager »

Quand je deviens prof pour les apprenties officiantes

Former les officiant.e.s de demain

formation officiant

En juin dernier, j’ai donné mon premier cours d’écriture de cérémonie laïque et j’ai adoré. En novembre dernier, ce sont trois journées que j’ai assumées avec un plaisir non dissimulé auprès de mes apprenti.e.s officiant.e.s. Et dans quelques jours, je commence ma prochaine session. Alors c’est officiel je fais partie de l’équipe pédagogique de l’IWI (International Wedding Institute) pour l’année scolaire 2018-2019 ! Je donne ainsi des cours à Lyon et à Paris, mes deux villes ; ma ville de cœur et ma ville de vie.

La prof qui ne voulait pas être prof

Quand j’ai raté l’agrégation de philo, ma copine Gwen m’a dit que c’était peut-être un mal pour un bien car selon elle je n’étais pas faite pour travailler avec des ados. Comme elle a raison ! Quand elle me raconte son quotidien, je m’exclame très souvent « je suis tellement contente d’avoir raté le concours ! ». Elle, elle adore mais je me rends compte, que c’est vrai : je n’aurais pas pu travailler avec des ados ou du moins avec des personnes qui n’ont pas choisi d’être là.

C’est aussi ça qui me plaît et qui me porte avec les cours à l’IWI, mes apprenti.e.s officiant.e.s viennent en cours car ils et elles souhaitent y apprendre quelque chose. Nous sommes dans une vraie interaction et elle est riche. Riche de leurs questions, de leurs expériences et de leurs envies.

Former les futur.e.s officiant.e.s

Je forme des futur.e.s officiant.e.s, je forme donc mes concurrent.e.s, c’est vrai. D’aucun.e.s pourraient trouver ça dangereux mais, pour être honnête, je ne le pense pas. Tout d’abord parce que le marché de la cérémonie laïque est en pleine expansion. De plus en plus de couples se tournent vers cette forme de célébration de leur mariage et je pense que cela va aller en augmentant encore dans les années à venir. On a mille et une raisons de choisir la cérémonie laïque soit parce qu’on veut du sur mesure, soit parce qu’on mixe les religions, soit parce qu’on ne peut pas se marier religieusement quand bien même on voudrait, voire les trois. Voire tant d’autres raisons. Alors je pense sincèrement qu’il y a de la place pour tout le monde !

J’aime aussi à penser que mes clients ne viennent pas vers moi parce que je suis une officiante mais parce que je suis cette officiante. C’est ce que j’essaie de transmettre à mes élèves et futur.e.s concurrent.e.s : soyez rigoureux.ses, précis.e.s, efficaces (évidemment c’est la base !) et surtout développez votre touche personnelle, mettez en valeur ce que vous êtes et ce que vous savez/aimez faire. C’est ainsi que vous trouverez vos clients. Quand ils et elles me remercient de leur avoir transmis cette idée, je me dis que j’ai gagné ma journée !

La prof qui aime bien être prof !

En formant de futures officiantes, je me nourris énormément aussi. J’ai toujours dit que ce que j’aime dans mon métier ce sont les rencontres. J’aime évidemment les belles histoires d’amour mais j’aime aussi énormément les gens tout simplement. J’aime découvrir leurs histoires, comprendre ce qui les fait vibrer, les aider à accepter ce qui les fait douter. Alors avec mes élèves, je m’en donne à cœur joie.

Elles apprennent à se mettre à l’écoute des autres, elles se dévoilent aussi beaucoup. Parfois, c’est compliqué de soumettre leurs écrits au reste du groupe ou de prendre la parole en public. Mais les élèves avancent et les peurs du lundi ont bien souvent disparu le vendredi. Dans ces moments-là, je comprends ce que mes amies profs aiment dans leur métier. On voit grandir les personnes, on les voit prendre de l’ampleur prêtes à déployer leurs ailes tels les albatros de Baudelaire*.

* Et oui, au début, elles sont un peu timides, parfois gauches puis elles prennent de l’assurance et s’envolent avec grâce ! 

La cérémonie bretonne de Stéphanie et Jérémie

Se marier en famille

se marier-en famille
© La boîte à images

C’est d’abord Jérémie, le romantique du couple qui m’a contactée. On a discuté un peu puis nous nous sommes rencontrés tous les trois. J’ai tout de suite adoré le caractère de Stéphanie, elle est aussi cash qu’elle déborde d’amour pour ses enfants et tous ceux qui ont eu la chance d’entrer dans son cœur. Tous les deux forment un super duo depuis plus de 10 ans. Ils ont pris le temps de construire leur vie et leur famille et dernièrement l’idée de se marier en famille est devenue une envie même pour ma non-romantique préférée !

Célébration en duo

C’était une première pour moi et j’espère qu’il y en aura d’autres. Lorsque nous nous sommes rencontrés la première fois c’était pour que je coache leur officiante d’un jour : Magalie. Plus nous discutions, plus Stéphanie et Jérémie prenaient conscience de la tâche importante qu’ils allaient confier à leur amie déjà bien occupée. Alors ils ont décidé que Magalie célébrerait en duo avec moi.

Se marier en famille
© La boîte à images

Quelle bonne idée. Elle était parfaite dans son rôle, rassurée de ne pas être seule le jour J et de pouvoir me confier les parties où elle se sentait moins à l’aise. Nous avons créé la cérémonie ensemble, lui donnant un rythme dynamique grâce à nos échanges et nous avons vraiment développé une belle complicité. Souvent, je dis que grâce à mon métier, je rencontre des couples merveilleux, cette fois-ci c’est un trio  !

Une cérémonie bousculée

Mariage plus vieux mariage heureux ? Mariage heureux c’est sûr mais je dirais aussi mariage breton, mariage pluvieux ! La cérémonie était installée dans une jolie clairière, tout était prêt quelques heures avant quand la pluie a commencé à s’insinuer. Fine, légère, on a d’abord pensé qu’elle s’arrêterait mais non !

Alors on a déménagé la cérémonie avant de commencer ! Tout le monde a donné un coup de main et grâce à la bonne humeur de chacun, ce léger contretemps s’est révélé un moment assez rigolo ! Merci aux déménageurs en costume 😉

se marier en famille
© La boîte à images

Des complicités renforcées

Pendant cette cérémonie, j’ai vu des familles s’aimer, des ami.e.s évoquer des souvenirs et l’envie d’en créer de nouveaux. J’ai vu des enfants se réjouir d’assister au mariage de leurs parents et des invités sourire malgré le temps humide. J’ai l’impression que cette journée a permis à chacun.e de prendre conscience de la chance d’avoir des proches aussi formidables. Cette simple sensation donne, pour moi, sa valeur à cette merveilleuse journée !

Trois idées dont s’inspirer – spécial enfants !

Une entrée rigolote

Les petits ont annoncé l’entrée de leurs parents avec des pancartes « Attention marié en approche ! », puis « t’inquiète pas elle arrive ! » avant que Stéphanie n’arrive. Mieux qu’un cortège, ils annonçaient ainsi le début de la cérémonie. Mission dont ils se sont parfaitement acquittés !

se marier en famille
© La boite à images

Le rituel du sable à huit mains

Quand on se marie on mêle deux vies. Quand on se marie en étant parents de deux enfants, on affirme aussi qu’on est une famille. Le rituel du sable permettait d’entremêler symboliquement les personnalités des quatre membres de la famille et de donner sa place – et sa couleur – à chacun. En plus ça permet de garder l’objet à la maison !

Se marier en famille rituel
© La boîte à images

L’intervention en chanson

Les enfants ont appris un poème avec un de leur grand-père mais ils avaient aussi une autre mission : interpréter une chanson pour leurs parents. Kids United obligent, ils ont chanté Tout le bonheur du monde. Mais je ne vous cache pas qu’on a failli avoir Pow Wow dont les petits étaient fans pendant le premier semestre 2018 !

Et leur témoignage est ici !

La Philothérapie d’Eliette Abécassis

Philosopher pour mieux aimer

Philothérapie d'Eliette Abecassis
© Lili Kovac

Le pitch philothérapique 

J’ai lu la philothérapie d’Eliette Abécassis cet été, sur les conseils d’une de mes élèves de la formation « Wedding Officiant » à l’International Wedding Institute, merci Manon !

C’est l’histoire d’une jeune femme qui, après une rupture et des déceptions, veut « guérir de l’amour » car ça lui fait trop mal. Pour effacer la douleur, elle cherche donc à en effacer la cause : l’amour. Elle tombe alors par hasard chez son libraire sur la carte d’un « philothérapeute » et décide de tenter le coup. Et oui pourquoi pas la philo ?

A travers ses différents cours, elle va apprendre à distinguer les mille nuances de l’amour en identifiant ce qui est désir, ce qui est envie ou encore simplement l’amour de soi. Elle apprendra aussi que plutôt que guérir de l’amour, on peut aimer simplement, sereinement en sachant ce qu’on y abandonne et ce qu’on y trouve.

Je n’ai pas tout aimé dans ce livre, j’y ai trouvé des longueurs et j’avais deviné trop tôt le secret sur un des personnages, mais il y a de jolis passages philosophiques que je vous invite à visiter. On y retrouve évidemment Le banquet, mais pas que ! J’y ai aussi trouvé une belle définition du sentiment amoureux et de ce qu’il donne à ressentir. Alors je me suis dit que ça pourrait vous inspirer. C’est juste ci-dessous, vous me direz ce que vous en pensez !

Philothérapie-d'Eliette-Abecassis
© Alice Hampson

Extrait de Philothérapie d’Eliette Abécassis

« L’amour ne produit pas de vérité (…). Il produit du sens. L’amour, parce qu’il est un discours, est
même le plus grand producteur de sens. L’état amoureux donne à vivre, donne à voir, comprendre, il
offre une énergie telle qu’elle unifie et organise tout autour de lui. C’est une couleur qui s’empare d’un
ciel gris. C’est une musique qui couvre le bruit des voitures le matin. C’est un goût que prend chaque
aliment, même le plus fade. C’est un parfum enivrant, qui exalte les sens. L’amour remplit le monde
de beauté, de spiritualité et d’intelligence. Il ouvre les cœurs à la bienveillance. Quand on aime, on
aime le monde entier. »

 

Philothérapie, Eliette Abécassis, 2016, Flammarion

La cérémonie de Manuella et Jérôme

Célébrer l’amour sous toutes ses formes

cérémonie de Manuella et Jérôme
© Alexandra Maldémé

Quand je les ai rencontrés, je me suis dit que je voulais absolument préparer leur cérémonie. Ils sont tombés amoureux en quelques jours comme une évidence ; au bout de quelques mois, ils savaient que c’était du sérieux entre eux, et la même évidence les a amenés à penser mariage. Ces personnes sont une évidence en fait ! D’ailleurs, il m’aura fallu à peine deux heures pour avoir moi-même un coup de cœur.

Manuella et Jérôme, ce sont simplement des gens bien. Des gens intelligents, drôles, avec un cœur énorme, entourés par des amis et des familles qui les aiment profondément. On sent chez eux une forme de sérénité malicieuse. Et c’est ce ton-là qui animait leur cérémonie.

cérémonie-de-Manuella-et-Jérôme
© Alexandra Maldémé

Des amis comme une famille

Dès le premier rendez-vous, l’esprit du mariage était clair : place aux proches. Et pour commencer aux témoins qui étaient 9. Oui 9 comme deux fois 4 + 1. Mes mariés avaient en effet désigné une de leurs amies comme témoin partagée. Impossible de lui attribuer une autre fonction, c’est elle qui les as présentés !

Ce que j’avais senti tout au long de la préparation de la cérémonie s’est révélé le jour J, ces mariés sont entourés de gens qui tiennent à eux et qui se sont mis en quatre (voire en neuf !) pour que leur journée de mariage soit parfaite. Aucune frontière n’existait entre liens du cœur et du sang, Manuella et Jérôme sont juste à la tête d’une grande et belle famille !

cérémonie de Manuella et Jérôme
© Alexandra Maldémé

Rire pour exprimer à quel point on aime

Dans les familles, même celles de cœur, on cache souvent sa pudeur sous le rire mais derrière une blague ou un clin d’œil amusé, on en dit tellement. Je ne vous cache pas que les rires ont ponctué la cérémonie, les photos en témoignent !

Des chansons de Dalida revisitées, aux emprunts au kitsch du conte, les idées fusaient. Et derrière ces tendres moqueries, on entendait l’affection, l’attention de chacune et chacun pour préparer un discours, une lecture, un chant de la plus belle des manières, pour eux.

Manuella et Jérôme
© Alexandra Maldémé

Entremêler les cultures grâce au chant

Les mariés unissaient leurs familles, leurs amitiés mais ils liaient aussi deux traditions. Ils ont fait le choix d’une cérémonie laïque, mais il était important pour eux que leurs cultures soient représentées. C’est à travers le chant que cela a été fait.

Une des amies du marié a ainsi interprété de manière somptueuse (encore bravo AV !) un Ave Maria et Yerushalayim shel zahav. Qu’il était bon d’entendre fredonner les invités lorsqu’ils reconnaissaient la chanson.

Trois idées dont s’inspirer :

Associer les parents au rituel des rubans

cérémonie Manuella et Jérôme
© Alexandra Maldémé

Dans le courant de l’année, Manuella et Jérôme ont demandé à leurs parents quelles valeurs ils pensaient leur avoir transmis. Ce qui avait été présenté comme un « exercice demandé par Emilie » nous a permis de leur concocter une surprise. Au moment du rituel, je leur ai annoncé que ce serait chacun d’entre eux qui viendraient nouer le ruban représentant la valeur transmise aux poignets de leurs enfants.

La lecture à 9 témoins !

Les mariés sont bien entourés et ils aiment leur bande ! Si j’ai insisté pour organiser des duos d’intervenants (et pas des solos – au risque d’une cérémonie trop longue), on a aussi préparé une intervention des témoins à 9. Chacun et chacune a lu un passage d’un poème écrit spécialement pour l’occasion par une des 9. Cette lecture est venue sceller l’échange d’alliances des mariés.

M&J très entourés
© Alexandra Maldémé

Les discours en chanson

Deux des témoins de Jérôme ont choisi de raconter sa vie et leur amitié en revisitant des chansons des années 70, Dalida en force ! C’était drôle et fin à la fois, je suis fan ! Un des plus grands moments de rires de la cérémonie.

Discours Dalida
© Alexandra Maldémé

Photos par Alexandra Maldémé et Océane Drollat

De 2018 à 2019…

2019 année de la teuf/de la meuf/du reuf/du neuf *

*Rayez la mention inutile ou prenez les toutes !

2019 année de la teuf
© Fidel Fernando

2018 se devait d’être une bonne année et elle l’a été ! Oh que oui. Une année riche, une année pleine de joies, de rencontres, de pics de stress et de gros moments de doute aussi – ne nous mentons pas ! – et de grandes décisions ! C’est fou comme un an ça passe vite. Et en même temps, il s’est passé tellement de choses que j’ai l’impression que l’année écoulée en a contenu au moins deux !

Adieu 2018 et merci !

En 2018 j’ai eu la joie de créer 14 cérémonies avec des mariés plus merveilleux les uns que les autres. Certains sont devenus des amis et tous ont une place particulière dans mon cœur. C’est fou, il y a 12 ou 18 mois, nous étions des inconnus et désormais il y a cette expérience qui nous lie. J’avais touché cette idée du doigt en 2017 ; et en 2018 c’est devenu une évidence : après le mariage, la vie reprend son cours et pourtant, il reste quelque chose, une forme de tendresse, d’attachement sincère. On se suit de plus ou moins près, mais on est heureux de prendre quelques nouvelles, de boire un café, de dîner voire de faire un karaoké d’anniversaire. Merci pour ça. Merci à vous 28 ! Et merci à tous vos proches, à ces personnes qui en se confiant à moi, en me faisant des blagues, en se moquant tendrement de vous m’ont permis de toujours mieux vous connaître et de m’adapter encore plus à vos envies, et même de vous créer des surprises sur mesure.

Voeux-2019

Merci aussi à mon super groupe de copines de coworking (oui même si on a un garçon, j’utilise le pluriel de majorité car 2019 sera l’année de la meuf !). Grâce à vous, les coups de mou deviennent l’occasion de shoot d’amitié. Grâce à votre exigence, on se porte mutuellement vers le haut et c’est un bonheur de voir le chemin parcouru pour chacune de nous. Et promis, un jour on sera à la Une d’un de ces magazines de leader que je ne lis jamais et que certaines adorent !

Merci à mes consœurs, on est quelques-unes à échanger et particulièrement merci à toi Anouck pour tout, tout simplement ! Et des « tout » grâce à toi, cette année, il y en a eu plein. Merci à mes copines et copains photographes, dj, propriétaires de lieu et créatrice de robes de mariée avec qui j’aime tant discuter de notre monde du mariage et de la vie en général. Je ne soupçonnais pas que de belles amitiés pouvaient naître de ces rencontres entre professionnel.le.s du mariage, j’avais tort et tant mieux.

Et évidemment merci à mes ami.e.s et à ma famille ! Sans vous, je suis un petit être bien incomplet. Je sais pourquoi j’aime tant les mariages où les proches des mariés sont extrêmement impliqués et ravis pour le couple qui s’unit : j’y retrouve toujours un peu de vous. J’ai une chance infinie de vous avoir dans ma vie, j’en ai conscience chaque jour un peu plus.

Avec tous ces mercis, 2018 c’est fini, et ce n’est que pour mieux continuer !

Mes vœux 2019
© Vincent Bourrut

A nous 2019 !

Je ne sais pas encore si 2019 sera l’année de la teuf, de la meuf ou du reuf (pas facile les rimes en –euf !) mais, j’ai déjà décidé que ce sera une année formidable.

2019 sera une année extraordinaire, déjà parce que je vais célébrer le mariage de mon frère ! Vous êtes 7 autres couples à m’avoir confié votre cérémonie, j’ai hâte d’y être. Vous serez encore quelques-uns à me contacter dans les mois à venir et ce sera super aussi. Parce que j’aime mon métier et que j’ai le plaisir de travailler exclusivement avec des personnes choisies. J’ai conscience du luxe que cela représente et cela participe de l’entrain et de l’énergie qui m’animent.

Mes vœux 2019
© Rémi Barthas

En 2019, je continue également mes cours de cérémonie laïque à l’IWI, et je sens que l’écriture va prendre une place encore plus conséquente dans ma vie professionnelle et personnelle. Et comme il y a eu mille choses en 2018 que je n’aurais pas soupçonnées je m’attends à plein de nouvelles surprises en 2019.

2019 sera une année extraordinaire, j’en suis sûre et je vous le souhaite. La vie c’est aussi ce que l’on décide, alors je vous souhaite de décider de faire de cette année qui s’ouvre à nous, une année dont vous ferez le bilan avec ce petit sourire charmé de douce nostalgie. Amusez-vous et profitez de ce que la vie, cette farceuse, a à vous offrir. Prenez même les coups, c’est aussi ça la vie. Et après on se dit qu’on a réussi à les dépasser !

Je vous embrasse, soyez heureux !

Emilie

Dimanche soir

Une déclaration comme des vœux

Dimanche soir
© Nathan Dumlao

Emprunter les mots de Grand Corps Malade pour exprimer ce qu’on ressent

Cet homme a du talent, un vrai talent de parolier. Le talent de mettre en mots des sentiments tellement évidents qu’ils en deviennent souvent indicibles. A l’écouter, on se dit « mais oui c’est ça, c’est exactement ça que je ressens ». Et ça marche encore avec cette chanson Dimanche Soir. Cette année, elle a été lue à deux voix comme une note d’intention de la cérémonie qui s’ouvrait, pour installer le ton. Elle donnait la dimension de l’amour qui était célébré : un amour serein et pourtant chaque jour ébahi du miracle constant de son existence.

J’aimais bien cette idée de la note d’intention, mais en le relisant ce matin, je me dis aussi que pour les pudiques ou les personnes peu à l’aise avec l’écriture, ce chanson pourrait faire office de vœux. En croisant les voix sur ce texte, on pourrait exprimer simplement et sincèrement ce dont les vœux témoignent. Qu’en pensez-vous ?

Dimanche soir,

Parce qu’avec toi le temps a pris de nouvelles dimensions
Que ma routine s’est égarée dans ces changements de direction
Parce que les jours de la semaine se mélangent dans ce bazar
Parce que c’est toi, parce que t’es là, je n’ai plus peur du dimanche soir.

Parce que ça arrive tellement souvent que je sois en pic de sentiments
Et que ma pudeur accepte quand même de te le faire comprendre gentiment
Parce qu’il paraît que l’homme s’habitue vite, s’habitue trop
Et qu’moi je sais que mes deux mains ne se lasseront jamais de ta peau.

Quand je vois tout ce qu’on a construit, je me dis que dix ans c’est tellement long
Et puis je me dis que c’est tellement court à chaque fois que s’affiche ton prénom
Parce que le temps n’a pas d’emprise sur la couleur de tes yeux
Parce que le vent éteint une petite flamme mais attise un grand feu.

Parce qu’on s’est tant rapprochés que nos souvenirs se ressemblent
Parce que quand la vie n’est pas simple, c’est tellement mieux d’être ensemble
Parce que je sais que le lundi, je vais te parler et te voir
Parce que c’est toi, parce que t’es là, je n’ai plus peur du dimanche soir.

Je l’ai dans la tête comme une mélodie alors mes envies dansent
Dans notre histoire rien n’est écrit mais tout sonne comme une évidence
Parfois elle aime mes mots mais cette fois c’est elle que mes mots aiment
Et sur ce coup là c’est elle qui a trouvé le plus beau thème.

Parce que je te chambre sur tes manies mais que je pourrai plus me passer d’elles
Parce que je me moque de tes défauts mais qu’ils me sont devenus essentiels
Parce qu’avant de te regarder partir, je te vois te maquiller dans le miroir
Parce que c’est toi, parce que t’es là, je n’ai plus peur du dimanche soir.

Parce qu’on est libres quand on est forts et plus forts quand nos liens se soudent
Qu’une mauvaise passe devient alors moins profonde que le creux du coude
Parce que tous les nuages du monde n’empêchent pas les pleines lunes
Et que chaque fois qu’elles brillent, c’est nos débuts qui se rallument.

Parce que tu sais ce que j’aime, parce que je sais ce que tu veux
Et que c’est quand même une première fois dès qu’on est seuls tous les deux
Parce que 120 mois plus tard, je viens encore juste de te rencontrer
Parce que tu es mon plan A et que tu seras aussi mon plan B.

Après dix ans d’un beau voyage où je me rappelle de chaque seconde
Après dix ans qui ont vu naître les quatre plus beaux yeux du monde
C’est toi qui as trouvé le plus beau thème de notre histoire
Parce que c’est toi, parce que t’es là, je n’ai plus peur du dimanche soir.

Je l’ai dans la tête comme une mélodie alors mes envies dansent
Dans notre histoire rien n’est écrit mais tout sonne comme une évidence
Parfois elle aime mes mots mais cette fois c’est elle que mes mots aiment
Et sur ce coup là c’est elle qui a trouvé le plus beau thème.

Je n’ai plus peur du dimanche soir.

Dimanche soir, Grand Corps Malade, Paroliers : Fabien Marsaud / Bruno Dias