Comment je suis devenue officiante de cérémonie laïque

Quand mes amis me soufflent mon futur métier

© Laurent André

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de ma copine Clé, c’est donc un bon jour pour la célébrer et lui dire merci. Un immense merci car c’est grâce à elle que je suis devenue officiante !

Histoire d’une rencontre

Clémence et moi, on s’est rencontrées en 2009 lors de mon stage en éditorial web au BHV, un grand magasin parisien. C’était mes premières années à Paris, on faisait partie d’une fine équipe formidable et on a vécu 1000 choses ensemble : du boulot, des apéros, des concerts, des voyages, des soirées endiablées. Cette très bonne copine est peu à peu devenue une amie chère.

Fin 2014, Clémence et son amoureux Adrien m’ont invitée à dîner. Ils avaient un truc à me demander mais n’osaient pas, c’était à la fois rigolo et bizarre 🙂 Enfin, ils se sont lancés : ils allaient se marier et souhaitaient que je joue les officiantes d’un jour avec Max, un autre de leurs amis, pour leur cérémonie. Évidemment, j’ai dit oui !

La naissance d’une vocation

A l’époque, je ne connaissais absolument rien au monde du mariage. J’avais même quelques a priori : pour moi c’était un milieu sûrement cucul et un peu tradi. Bon, première bonne nouvelle, j’avais tort !

Je ne connaissais rien non plus aux cérémonies laïques. Je me lançais donc dans l’inconnu et la découverte avec cette mission et ce fût exaltant ! En créant la cérémonie de mes amis, je me suis rendu compte que j’aimais tout : les rendez-vous pour réfléchir, imaginer et dessiner ce moment, les échanges avec leurs proches pour les guider sur leurs discours, l’écriture aussi ! Chaque étape m’apportait son lot de joie et d’enthousiasme.

L’idée a, alors, commencé à germer. Cela faisait quelques mois que j’avais envie de me lancer à mon compte mais sans trouver la bonne idée. Et si elle était là ? Si au-delà de Clémence et Adrien, je mariais aussi des inconnus qui, folie, me paieraient pour ça ? C’était fou oui, mais cette pensée ne me quittait pas. Elle revenait me hanter.

© Laurent André

J’ai attendu le jour J avant d’en parler car je voulais être sûre que le « grand oral » se passerait aussi bien que la préparation. Et ce samedi d’avril 2015 a été une révélation : je voulais devenir officiante !

D’officiante d’un jour à officiante de cérémonie laïque

Grâce à un alignement des planètes des plus parfaits, j’ai pu quitter mon travail de chef de projet et me concentrer sur ma nouvelle vie. J’ai quitté les Galeries Lafayette en novembre 2015, une semaine après mes 30 ans et 6 mois plus tard, je créais Pour une cérémonie. Depuis j’ai la chance de faire un métier qui me donne envie de me lever chaque matin et qui me plait tellement que la plupart du temps, je n’ai pas la sensation de travailler. Alors merci Clémence et Adrien ! 1000 merci, 100 000 merci !

© Samantha Pastoor

Vous avez vu avant moi comment je pouvais lier la philo, l’écriture, le rire, le théâtre et mon amour des humains en une seule mission : celle de créer des cérémonies uniques qui relient les gens et parlent d’amour au sens large. Sans le savoir vous m’avez soufflé l’idée de ce métier merveilleux, je ne vous en serai jamais assez reconnaissante. Et comme on est le 31 mai : bon anniversaire ma Clé ! Merci pour tout et pour la personne merveilleuse que tu es !

comment je suis devenue officiante

Les points communs de mes mariés

Mes vrais clients idéaux !

© Samantha Pastoor

Quand on est à son compte, on reçoit nombre de conseils business, dont le fameux : « Trouve tes clients idéaux » : ces personnes qui achèteront à coup sûr la prestation.

Pour définir ce « type », on utilise, entre autres, les catégories socio-professionnelles, les classes d’âge et autres zonages géographiques. Honnêtement, au début, j’ai annoncé que mes clients idéaux étaient des CSP+, travaillant dans la communication ou le droit, vivant en ville et ayant entre 29 et 34 ans. Oui j’aime être précise dans mes projections 😉 Bon, ça arrive, mais il y a souvent des exceptions à cette règle et ça tombe bien car j’adore les exceptions. Et en plus, ces critères ne signifient pas tant pour moi.

Depuis, j’ai changé mon angle d’approche, et j’ai pris conscience qu’à défaut de catégories sociologiques, je croise quasi systématiquement trois points communs chez les couples que j’accompagne. Et pour moi, cela a beaucoup plus de sens !

Des couples très entourés et bien entourés

Quand on commence à parler de leurs amis et de leurs familles, la liste des prénoms s’enflamme ! Moi qui ai du mal à les retenir, je suis obligée de m’accrocher à mon stylo et à mon cahier 😉

Il y a les bandes de potes à 2 ou à 15, les amitiés individuelles, cette tante qui compte, cette ancienne voisine qui en sait tant, ces frères et sœurs qui ont grandi avec eux. Chaque relation est singulière, chaque relation compte et j’aime aller explorer leur pourquoi et leur comment.

Quand je contacte les proches, je prends souvent d’énormes shoots d’amour. Ceux-ci me révèlent le caractère précieux et réciproque des liens partagés entre les mariés et leur entourage. À chaque fois, ça m’émeut et ça me réjouit !

Des couples curieux et soucieux de donner du sens à leurs actions

Même si mes collègues me considèrent comme la littéraire, voire l’intello du clan, tous mes couples ne sont pas des universitaires germanopratins. Et tant mieux ! Néanmoins, ils ont en commun cette envie de comprendre, de donner du sens et de le partager. Tout ce qu’on intègre dans la cérémonie a sa place et sa valeur, on ne fait pas les choses parce qu’il faut les faire mais bien parce qu’on ne pourrait pas ne pas les faire.

Mes clients sont aussi curieux, heureux d’apprendre de nouvelles choses, que ce soit la recette des gnocchis maisons ou la théorie des androgynes chez Platon. J’adore ça car j’apprends, moi aussi, beaucoup de choses ainsi.

Des couples généreux et épicuriens

Ça se sent dès le premier rendez-vous où je suis souvent reçue comme une princesse ! Et ça se confirme quand ils m’expliquent leurs envies pour la journée de mariage. Ils aiment recevoir et s’enthousiasment de faire plaisir. Alors leur mariage est l’occasion de rassembler leurs proches, de les choyer en leur offrant une belle journée et des agapes de qualité : « des bons plats et des bons vins », c’est souvent le credo ! Évidemment, ça me parle 😉

C’est aussi pour cela que la cérémonie laïque est importante. Bien sûr, à travers elle, on célèbre l’amour entre deux personnes qui décident de s’engager ensemble. Mais on célère aussi tous ces liens, ce sens du partage et cette envie de donner sa place à chacun. Et clairement, j’adore cet esprit ! Pas vous ?!