Pourquoi j’adore le troisième rendez-vous cérémonie

Quand la magie s’enclenche !

troisième rendez-vous
© Tyler Nix

Pour préparer une cérémonie d’engagement, je prévois environ trois à quatre rendez-vous avec mes marié.e.s. Ce sont des moments privilégiés où l’on apprend à se connaître et où l’on creuse les sujets et les envies. Vous le savez, j’aime beaucoup les premiers rendez-vous cérémonie, mais chaque étape a une saveur particulière ! Celle du troisième rendez-vous tient à une forme de magie. Je vous en dis plus !

La sensation de retrouver des amis

Au premier rendez-vous, je dois faire mes preuves : on se découvre et j’espère que le couple rencontré aura envie de continuer avec moi. Lors du deuxième, on apprend à mieux se connaître et pour le troisième c’est la joie des retrouvailles. On se connaît, on a déjà eu le bonheur de bavarder lors des rendez-vous précédents. Et depuis, on s’est textoté, appelé et on s’est envoyé des mails. Bref, on a échangé !

Il n’y a alors plus de stress mais seulement du plaisir. Le plaisir de se raconter les derniers mois passés, les derniers projets, les dernières avancées sur le mariage. J’adore cette sensation d’être en bonne compagnie avec seulement l’envie de profiter du moment et d’avancer ensemble.

Chemin vers cérémonie unique
© Franck Torralba

La magie de la création à six mains

Pendant les rendez-vous, je choisis volontairement de ne pas dévoiler certaines choses aux mariés et de ne pas guider la conversation de manière trop rigide. Parce que je préfère laisser voguer l’imagination. Je ne veux pas qu’on s’enferme dans un carcan établi trop vite. Et aussi parce que j’aime bien garder des surprises !

Alors on discute, on passe d’un sujet à un autre, je fais évoluer mes questions lorsqu’on dévie ou si on fait un grand saut en avant. Et ce qui est formidable c’est que mes mariés me suivent dans ce cheminement. Ils me font confiance et ne s’inquiètent jamais de ce cadre mouvant.

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C’est aussi cela qui permet la magie du troisième rendez-vous. Les idées ont suivi leur voie et se structurent alors aisément. Toutes les bribes de conversations, les grandes valeurs, les chansons qu’on a évoquées, tous les souvenirs, les choix de rituel s’harmonisent et prennent la forme d’une cérémonie laïque unique. Le chemin que nous avons fait ensemble depuis quelques mois trouve ainsi son point d’arrivée. C’est magique et naturel. Et à ce moment-là, après des mois d’échange et de réflexion, les mariés n’imaginent plus leur cérémonie autrement. Elle est devenue la leur.

Quand la cérémonie devient votre cérémonie

Pendant les premiers rendez-vous, les couples sont en attente d’idées, de conseils. J’entends souvent la question « qu’est-ce qui se fait d’habitude » ? Je me fais, alors, un malin plaisir de recentrer le sujet vers des questions du type : « qu’est-ce qui vous ferait envie à vous ? », « est-ce que ce rituel, cette idée, cette valeur te parle, fait écho en toi, en vous ? ».

3e rendez-vous
© Jessica da Rosa

Pendant le troisième rendez-vous, je sens que mes conseils ont porté leurs fruits. Je sens des personnes convaincues de leur choix. Les mariés ont souvent beaucoup de choses à me présenter et me décrivent, avec leurs mots et leurs idées, leur cérémonie. Une cérémonie laïque qui leur ressemble et ne ressemble qu’à eux. Celle qu’ils ont construite peu à peu en pensée et en imagination.

Il n’est plus question d’habitude ou de tradition, ce qui compte c’est leur histoire et leurs envies qui désormais sont organisées dans un cadre plus précis. C’est à ce moment qu’ils me disent « on a hâte d’y être » pour découvrir cet instant imaginé dans sa réalité concrète.

Alors il n’y a plus qu’à. Plus qu’à donner vie à ces grandes lignes directrices. Une autre forme de magie, celle de l’écriture !

la magie du 3e rendez-vous
© freddy Castro

C’est peut-être pas très original pour un mariage ?

Du culte du mariage original : la (semi)dictature de la différence

mariage original ou pas
© Daiga Ellaby

Je vous en ai parlé sur Instagram dernièrement et je voudrais prendre le temps d’un article pour creuser un peu cette question de mariage original, ou plutôt de la crainte qu’il ne le soit pas assez !

On en parle souvent en rendez-vous cérémonie. Normal me direz-vous étant donné que mes marié.e.s sont très créatif.ve.s et que je les pousse à libérer leur imagination. Mais la créativité n’est pas incompatible avec le fait d’être contemporain.e de son époque et donc sensible aux tendances de celle-ci.

comment créer un mariage original
© Autumn Goodman

La minute philo

Nous sommes des animaux parlants, c’est Aristote qui le dit. Nous sommes également des êtres sociaux, donc on interagit avec nos pairs dans un groupe social qu’on crée. Et on ne fait pas que le créer, on s’y inscrit également.

Chaque époque est une question de contexte : de lieu, de temps mais aussi d’habitudes, de tendances générales, et chacun se les approprie plus ou moins. Dans notre société française des années 2010/2020, il y a des tendances qui se marquent. Des tendances qu’on retrouve dans la mode, dans la déco, dans les parcours de vie, etc.

mariage original ou pas
Par exemple se marier en baskets !
© Sweet Ice Cream Photography

Les tendances dans le mariage

Ces tendances, ces marques de contemporanéité, on les trouve aussi dans le mariage, bien sûr. Si je vous montre une photo de mariage des années 80, vous saurez immédiatement repérer l’époque : ces brushings de Feux de l’amour, ces robes volumineuses, ces costumes très larges ! Et dans 30 ans, quand on verra un mariage de notre époque, on se dira : « Wahou c’est tellement 2020 ! ». Tant mieux ou tant pis et peu importe en fait !

Nous sommes contemporain.e.s de notre époque. Même si on développe sa créativité, même si on est tous différents, il y a des choses dans lesquelles une majorité de personnes se retrouvent. En ce moment ce sont des robes plutôt fluides, des décorations foisonnantes : champêtres, florales ou tropicales par exemple, ou alors carrément des esprits industriels et très épurés. Il y a aussi cette passion pour le vintage, que j’avoue adorer.

Quelque chose d’assez contemporain c’est aussi tout simplement le fait de choisir une cérémonie laïque pour célébrer un mariage original, différent. On vit dans une époque où l’on a envie de personnalisation. On veut créer des choses qui nous ressemblent et ne ressemblent qu’à nous. En ça on marque sa différence. Oui, comme beaucoup de personnes ! Mais c’est très bien.

Tous uniques, tous différents

Ce que je veux vous dire c’est qu’on porte en nous ce qui fait notre différence. Notre originalité, c’est notre personnalité, ce qui nous anime, ceux qui nous entourent. Cela n’empêche pas ces différences de s’illustrer dans des éléments qui, parfois, se ressemblent.

mariage-original
© Elizeu Dias

Revenons donc à cette phrase que j’entends si souvent : « j’ai vu ce texte, ce rituel, cette déco, ce cadeau invité (rayez la mention inutile), j’adore ! Mais j’hésite car ce n’est peut-être pas très original ; non ? » Alors, déjà, souvent, si ! Parce que vous avez plein d’idées, que vous cherchez l’inspiration partout.

Des bouquets de fleurs séchées, par exemple, c’est une tendance qui pointe le bout de son nez, mais ce n’est pas encore très commun. On peut donc considérer que c’est original. Faire chanter l’assemblée pendant la cérémonie pour créer une énergie collective, je l’ai déjà vu quelques fois, mais oui c’est original, et c’est génial en plus !

La force de l’universel

S’il y a des choses que l’on croise plus fréquemment, leur originalité, ou du moins leur caractère unique demeure. Je pense, par exemple, au rituel des rubans ou au Je vous souhaite de Jacques Brel. L’un comme l’autre ont déjà fait partie de quelques-unes de mes cérémonies. Est-ce à dire qu’à chaque fois, j’ai célébré la même cérémonie ? Bien sûr que non ! Est-ce à dire qu’à chaque fois, il y avait une résonance unique ? Bien sûr que oui ! C’est la force de Brel et de quelques autres : ils arrivent à transmettre des idées universelles que chacun.e s’approprie dans son individualité. Pourquoi se priver de ce plaisir ?

MARIAGE original
© Luan Cabral

Le rituel des rubans permet d’associer des valeurs (et souvent des personnes) qui comptent à l’union que l’on célèbre, et c’est très beau. En plus, on ne met pas toujours en lumière les mêmes valeurs, on n’orchestre pas le rituel de la même manière, on ne l’intègre pas forcément au même endroit dans la cérémonie. Donc ce n’est jamais la même chose.

Alors avant de vous demander si vos choix vont faire de votre grand jour un mariage original ou pas, demandez-vous d’abord si ça vous parle, pourquoi ça résonne en vous, à quelle partie de votre histoire cela vous fait penser. Ce sont ces questions-là qui sont les bonnes. Si ça vous fait envie, c’est que vous êtes dans la bonne direction !

Pensées de juin

Tribulations sur le métier d’officiante

mon-métier d'officiante

Ces derniers temps, j’ai beaucoup réfléchi à mon métier d’officiante ; à comment je le pratique, à ce qu’il représente pour moi, à l’impact qu’il a dans ma propre vie.

Quand je travaillais dans un bureau je pressentais déjà que ce que j’étais pouvait influer sur mon travail. Une de mes premières chefs m’avait d’ailleurs dit qu’on crée toujours un peu son poste ; elle avait raison.

Aujourd’hui, j’ai monté mon entreprise et cette conviction est encore plus profondément ancrée en moi.

Saisir sa différence

Quand on monte son entreprise, on essaie toujours de trouver ce qui nous différencie des autres. Et l’art du marketing nous pousse à mettre en avant ce truc en plus, une patte. Mais en fait, on a rarement un seul truc. Et particulièrement dans le métier d’officiante où ce que l’on est importe autant que ce que l’on sait faire. Personne n’embauchera un.e officiant.e de cérémonie laïque avec qui le courant ne passe pas au seul motif qu’elle est très professionnelle. Ça ne suffit pas.

Est-ce que mon truc c’est d’être une littéraire et d’avoir un parcours d’études en philo ? Est-ce que c’est ma spécialisation en politique et religion – deux sphères qui ont pour fonction de relier les gens – qui me donne une touche particulière ? Est-ce que c’est ma conviction profonde que dans cette société sécularisée les humains ont besoin de sacré et de célébrer symboliquement des étapes de la vie ? Peut-être. Sûrement.

mon métier d'officiante
© Snaggah Photo

C’est peut-être aussi cette envie, héritée de mon père, aussi grisante qu’épuisante, de toujours me démener pour les autres, de leur rendre la vie plus facile et plus belle. C’est sûrement encore ma curiosité naturelle envers les gens et les choses. Ou mon envie sincère de mettre en lumière les évidences : celle qu’on sait mais qu’on ne dit jamais.

Le métier d’officiante : ce que l’on fait et ce que l’on est

Ce qui fait notre patte, c’est la personne qu’on est. Dans tout ce qu’on est. C’est l’idée que j’essaie de transmettre à mes apprenti.e.s officiant.e.s quand je donne des cours et c’est pourquoi je suis persuadée qu’on n’est jamais vraiment en concurrence.

Nos clients nous choisissent parce que nous leur correspondons, par nos compétences c’est vrai et bien sûr, mais aussi et beaucoup à travers nos personnalités. Si vous saviez le nombre de personnes parmi mes mariés qui aiment manger, faire la fête, recevoir leurs proches (trois de mes grandes passions !). Ils ne veulent pas tous une cérémonie teintée de philo, ils sont parfois plus organisés sur les plannings que moi mais on se retrouve sur le goût du partage, sur l’amour des bonnes choses et des souvenirs qu’on construit.

métier-d'officiante
métier-d’officiante

Toujours une question de choix

C’est aussi pour ça que j’aime à penser que je choisis mes mariés autant qu’ils me choisissent. Parce qu’on va vivre un moment fort. Un moment fort de leur vie que je suis apte à créer et à célébrer, mais un moment où je serai plus qu’une professionnelle. Je raccroche souvent mon téléphone en disant « je l’aime bien » ou « je les aime bien » parce que vous me touchez, vous me faites rire, parfois je me retrouve en vous. Mes cérémonies ne sont jamais les mêmes car ce ne sont jamais les mêmes personnes, ni les mêmes envies ; et ce n’est jamais non plus le même lien qui se crée. Il a, à chaque fois, une saveur particulière. Celle des émotions nées des mois passés à réfléchir tous les trois et à créer ensemble cette petite heure de bonheur et d’engagement qu’est votre cérémonie.

rituel des rubans
© Alexandra Maldémé

Aujourd’hui, je travaille avec des outils que j’affine d’année en année. Je travaille avec rigueur parce que je suis comme ça. Mais je travaille aussi beaucoup avec les émotions, les vôtres, celles de vos proches et les miennes. Ce sont des joies, des appréhensions parfois, des frustrations aussi. Et c’est ce savant mélange qui fait le sel de mon métier d’officiante. Un métier que j’adore, où je donne beaucoup et reçois tant et où, toujours, je me dis : je suis bien ici.

Et si on préparait votre cérémonie ensemble ?

Préparation du mariage et diplomatie

Ce qu’en pensent les autres

Mariage et diplomatie

Quand on se marie c’est un peu comme lorsqu’on fait un enfant : c’est une expérience qui vous appartient pleinement et pourtant tout le monde aura un avis sur vos choix, ou une expérience à partager avec vous*. C’est un fait, le mariage cristallise des souvenirs, des envies, des clichés aussi. Ce n’est pas grave en soi, c’est même plutôt intéressant et ça peut vous permettre d’aborder des sujets vraiment importants avec vos proches. Prenons trois exemples où mariage et diplomatie sont de mise.

« Moi à mon mariage je n’ai pas fait ça »

Cette phrase vous risquez de l’entendre assez souvent, notamment – mais pas que – de la part de personnes plus âgées. En effet, elles peuvent être déstabilisées par rapport à certains de vos choix et à des sujets qui ne leur semblent pas prioritaires par exemple. Alors avant d’interpréter cette phrase comme un simple « c’est nul ! », prenez un peu de recul 🙂

mariage et diplomatie familiale

On ne se marie plus de la même manière et plus complètement pour les mêmes raisons aujourd’hui. On se marie surtout parce qu’on a envie de le faire, pas parce qu’on doit le faire. La nuance est de taille car nécessairement on s’approprie son mariage différemment. Donc on choisit ses invités, oubliant parfois le cousin éloigné ou l’ancien collègue préféré de son père. Donc on organise une cérémonie laïque plutôt que de se contenter de la mairie ou de suivre un dogme religieux. Donc on prend parfois deux ans pour tout organiser.

Ce sont vos choix, ils n’ont pas à être remis en cause, mais pour des personnes passées par la case mariage à l’époque où les parents organisaient et décidaient de tout cela peut être étonnant. Vous rappeler qu’on n’a pas fait les mêmes choix que vous, c’est une manière de remonter le temps. C’est aussi souvent le signe d’une envie de partager une expérience, un souvenir avec vous.

Face à ce type de réaction, je vous conseille simplement de leur demander pourquoi elles n’ont pas fait comme vous. C’est une manière de leur redonner de la place, de montrer à ces personnes qu’elles vous importent. Vous apprendrez souvent plein de choses et les convertirez plus facilement.

« Tu es vraiment sûr.e de cette décision ? »

cérémonie de mariage et diplomatie
Conçu par Freepik

Là encore on touche à l’idée d’incompréhension. En vous interrogeant sur la pertinence de vos choix, on exprime son étonnement mais aussi son intérêt. C’est également une astuce de manipulation discrète, osons le dire. Mais tant mieux !

C’est vrai, quand quelqu’un nous pose ce type de question on a souvent tendance à douter. Et l’avantage d’une deuxième réflexion c’est qu’elle permet d’abandonner une idée finalement pas si dingue, ou au contraire de lui donner encore plus de sens et de valeur. Alors remerciez les adeptes du doute !

Une nouvelle fois, je vous invite à ouvrir le dialogue et à tendre l’oreille. Une maman qui demande à son fils s’il est sûr de ne pas vouloir faire une entrée du marié, c’est souvent une maman qui rêve d’accompagner son fils pour ce moment. Si votre meilleur ami tique sur votre cérémonie célébrée par un.e pro, c’est peut-être parce qu’il aurait aimé que vous le choisissiez comme officiant. Les gens se projettent souvent dans votre mariage, à vous d’échanger avec eux pour clarifier les situations.

Mariage-et-diplomatie
© Alex Holyoake

L’absence d’intérêt visible

Pendant les repas de famille, on ne vous pose pas de questions. Pendant les dîners de l’amitié on ne rebondit pas lorsque vous évoquez votre mariage. Oui, c’est un peu vexant, mais respirez !

Deux options sont envisageables. Soit vous en parlez trop et vos proches en ont assez. Oui, je sais c’est vexant aussi, mais c’est une option, pensez-y. 🙂 Votre mariage c’est le vôtre, ça a une incidence dans votre vie, moins dans celle de votre entourage. Ici encore c’est comme lorsque vous attendez un enfant, cela va changer votre vie, beaucoup moins celle de vos proches. Cela peut vous blesser un peu mais c’est un fait.

Mariage et diplomatie
© Jenny Russel

La deuxième option c’est que vos proches ne veulent pas vous envahir ou qu’ils ne savent pas quelle implication avoir dans la préparation de votre mariage. C’est peut-être évident pour vous que votre frère viendra à l’essayage de costume ou que votre cousine préférée sera demoiselle d’honneur et organisera des animations pendant la soirée. Mais pour eux, ce n’est peut-être pas aussi clair. Alors n’hésitez pas à leur expliquer le rôle que vous les voyez jouer et à en discuter avec eux pour voir si l’exercice leur convient. Parole de fille qui tombe des nues, ravie cependant, à chaque fois qu’elle est invitée à un mariage ou à un anniversaire 😉

raisons de se marier
© Pablo Heimplatz

Je pourrais enrichir ces exemples de mille autres. Petits détails, incompréhensions, déceptions, légères frustrations que mes marié.e.s ont croisées, mais là n’est pas mon but. Ce que je peux vous dire c’est que très régulièrement lorsqu’on évoque ces sujets, je pose la même question : « et tu lui en as parlé ? »

Et souvent, au rendez-vous suivant, le conflit larvé a été abordé, les mariés sont rassurés et on peut continuer à avancer avec sérénité. Quand c’est un peu plus compliqué, il m’arrive de prendre le relais. C’est parfois plus facile de désamorcer certains sujets avec une personne extérieure et neutre, comme l’officiante, il n’y a pas d’affect en jeu. Ça tombe bien, j’aime beaucoup jouer les diplomates et les renoueuses de dialogue !

Et vous, ça vous est déjà arrivé de devoir faire rimer préparation du mariage et diplomatie ?

*C’est rigolo ça marche aussi avec beaucoup d’expériences de vie. Par exemple quand je dis que j’ai une formation en philosophie, 80% de mes interlocuteurs me racontent leur année de philo en terminale qu’ils ont adorée ou détestée. C’est la preuve que personne n’est indifférent à la philosophie ! Même si je ne peux déplorer quelques rendez-vous ratés dans ces fameuses classes de terminale.

Quand je deviens prof pour les apprenties officiantes

Former les officiant.e.s de demain

formation officiant

En juin dernier, j’ai donné mon premier cours d’écriture de cérémonie laïque et j’ai adoré. En novembre dernier, ce sont trois journées que j’ai assumées avec un plaisir non dissimulé auprès de mes apprenti.e.s officiant.e.s. Et dans quelques jours, je commence ma prochaine session. Alors c’est officiel je fais partie de l’équipe pédagogique de l’IWI (International Wedding Institute) pour l’année scolaire 2018-2019 ! Je donne ainsi des cours à Lyon et à Paris, mes deux villes ; ma ville de cœur et ma ville de vie.

La prof qui ne voulait pas être prof

Quand j’ai raté l’agrégation de philo, ma copine Gwen m’a dit que c’était peut-être un mal pour un bien car selon elle je n’étais pas faite pour travailler avec des ados. Comme elle a raison ! Quand elle me raconte son quotidien, je m’exclame très souvent « je suis tellement contente d’avoir raté le concours ! ». Elle, elle adore mais je me rends compte, que c’est vrai : je n’aurais pas pu travailler avec des ados ou du moins avec des personnes qui n’ont pas choisi d’être là.

C’est aussi ça qui me plaît et qui me porte avec les cours à l’IWI, mes apprenti.e.s officiant.e.s viennent en cours car ils et elles souhaitent y apprendre quelque chose. Nous sommes dans une vraie interaction et elle est riche. Riche de leurs questions, de leurs expériences et de leurs envies.

Former les futur.e.s officiant.e.s

Je forme des futur.e.s officiant.e.s, je forme donc mes concurrent.e.s, c’est vrai. D’aucun.e.s pourraient trouver ça dangereux mais, pour être honnête, je ne le pense pas. Tout d’abord parce que le marché de la cérémonie laïque est en pleine expansion. De plus en plus de couples se tournent vers cette forme de célébration de leur mariage et je pense que cela va aller en augmentant encore dans les années à venir. On a mille et une raisons de choisir la cérémonie laïque soit parce qu’on veut du sur mesure, soit parce qu’on mixe les religions, soit parce qu’on ne peut pas se marier religieusement quand bien même on voudrait, voire les trois. Voire tant d’autres raisons. Alors je pense sincèrement qu’il y a de la place pour tout le monde !

J’aime aussi à penser que mes clients ne viennent pas vers moi parce que je suis une officiante mais parce que je suis cette officiante. C’est ce que j’essaie de transmettre à mes élèves et futur.e.s concurrent.e.s : soyez rigoureux.ses, précis.e.s, efficaces (évidemment c’est la base !) et surtout développez votre touche personnelle, mettez en valeur ce que vous êtes et ce que vous savez/aimez faire. C’est ainsi que vous trouverez vos clients. Quand ils et elles me remercient de leur avoir transmis cette idée, je me dis que j’ai gagné ma journée !

La prof qui aime bien être prof !

En formant de futures officiantes, je me nourris énormément aussi. J’ai toujours dit que ce que j’aime dans mon métier ce sont les rencontres. J’aime évidemment les belles histoires d’amour mais j’aime aussi énormément les gens tout simplement. J’aime découvrir leurs histoires, comprendre ce qui les fait vibrer, les aider à accepter ce qui les fait douter. Alors avec mes élèves, je m’en donne à cœur joie.

Elles apprennent à se mettre à l’écoute des autres, elles se dévoilent aussi beaucoup. Parfois, c’est compliqué de soumettre leurs écrits au reste du groupe ou de prendre la parole en public. Mais les élèves avancent et les peurs du lundi ont bien souvent disparu le vendredi. Dans ces moments-là, je comprends ce que mes amies profs aiment dans leur métier. On voit grandir les personnes, on les voit prendre de l’ampleur prêtes à déployer leurs ailes tels les albatros de Baudelaire*.

* Et oui, au début, elles sont un peu timides, parfois gauches puis elles prennent de l’assurance et s’envolent avec grâce ! 

De 2018 à 2019…

2019 année de la teuf/de la meuf/du reuf/du neuf *

*Rayez la mention inutile ou prenez les toutes !

2019 année de la teuf
© Fidel Fernando

2018 se devait d’être une bonne année et elle l’a été ! Oh que oui. Une année riche, une année pleine de joies, de rencontres, de pics de stress et de gros moments de doute aussi – ne nous mentons pas ! – et de grandes décisions ! C’est fou comme un an ça passe vite. Et en même temps, il s’est passé tellement de choses que j’ai l’impression que l’année écoulée en a contenu au moins deux !

Adieu 2018 et merci !

En 2018 j’ai eu la joie de créer 14 cérémonies avec des mariés plus merveilleux les uns que les autres. Certains sont devenus des amis et tous ont une place particulière dans mon cœur. C’est fou, il y a 12 ou 18 mois, nous étions des inconnus et désormais il y a cette expérience qui nous lie. J’avais touché cette idée du doigt en 2017 ; et en 2018 c’est devenu une évidence : après le mariage, la vie reprend son cours et pourtant, il reste quelque chose, une forme de tendresse, d’attachement sincère. On se suit de plus ou moins près, mais on est heureux de prendre quelques nouvelles, de boire un café, de dîner voire de faire un karaoké d’anniversaire. Merci pour ça. Merci à vous 28 ! Et merci à tous vos proches, à ces personnes qui en se confiant à moi, en me faisant des blagues, en se moquant tendrement de vous m’ont permis de toujours mieux vous connaître et de m’adapter encore plus à vos envies, et même de vous créer des surprises sur mesure.

Voeux-2019

Merci aussi à mon super groupe de copines de coworking (oui même si on a un garçon, j’utilise le pluriel de majorité car 2019 sera l’année de la meuf !). Grâce à vous, les coups de mou deviennent l’occasion de shoot d’amitié. Grâce à votre exigence, on se porte mutuellement vers le haut et c’est un bonheur de voir le chemin parcouru pour chacune de nous. Et promis, un jour on sera à la Une d’un de ces magazines de leader que je ne lis jamais et que certaines adorent !

Merci à mes consœurs, on est quelques-unes à échanger et particulièrement merci à toi Anouck pour tout, tout simplement ! Et des « tout » grâce à toi, cette année, il y en a eu plein. Merci à mes copines et copains photographes, dj, propriétaires de lieu et créatrice de robes de mariée avec qui j’aime tant discuter de notre monde du mariage et de la vie en général. Je ne soupçonnais pas que de belles amitiés pouvaient naître de ces rencontres entre professionnel.le.s du mariage, j’avais tort et tant mieux.

Et évidemment merci à mes ami.e.s et à ma famille ! Sans vous, je suis un petit être bien incomplet. Je sais pourquoi j’aime tant les mariages où les proches des mariés sont extrêmement impliqués et ravis pour le couple qui s’unit : j’y retrouve toujours un peu de vous. J’ai une chance infinie de vous avoir dans ma vie, j’en ai conscience chaque jour un peu plus.

Avec tous ces mercis, 2018 c’est fini, et ce n’est que pour mieux continuer !

Mes vœux 2019
© Vincent Bourrut

A nous 2019 !

Je ne sais pas encore si 2019 sera l’année de la teuf, de la meuf ou du reuf (pas facile les rimes en –euf !) mais, j’ai déjà décidé que ce sera une année formidable.

2019 sera une année extraordinaire, déjà parce que je vais célébrer le mariage de mon frère ! Vous êtes 7 autres couples à m’avoir confié votre cérémonie, j’ai hâte d’y être. Vous serez encore quelques-uns à me contacter dans les mois à venir et ce sera super aussi. Parce que j’aime mon métier et que j’ai le plaisir de travailler exclusivement avec des personnes choisies. J’ai conscience du luxe que cela représente et cela participe de l’entrain et de l’énergie qui m’animent.

Mes vœux 2019
© Rémi Barthas

En 2019, je continue également mes cours de cérémonie laïque à l’IWI, et je sens que l’écriture va prendre une place encore plus conséquente dans ma vie professionnelle et personnelle. Et comme il y a eu mille choses en 2018 que je n’aurais pas soupçonnées je m’attends à plein de nouvelles surprises en 2019.

2019 sera une année extraordinaire, j’en suis sûre et je vous le souhaite. La vie c’est aussi ce que l’on décide, alors je vous souhaite de décider de faire de cette année qui s’ouvre à nous, une année dont vous ferez le bilan avec ce petit sourire charmé de douce nostalgie. Amusez-vous et profitez de ce que la vie, cette farceuse, a à vous offrir. Prenez même les coups, c’est aussi ça la vie. Et après on se dit qu’on a réussi à les dépasser !

Je vous embrasse, soyez heureux !

Emilie

Aujourd’hui j’ai 33 ans

Bilan de vieillesse !

aujourd'hui j'ai 33 ans
© Julien Labrosse

Longtemps, je n’ai pas eu envie de vieillir. A 18 ans, je n’aimais pas du tout cette idée de devenir majeure, à 30 ans, j’ai paniqué en me disant « oh mon dieu j’ai 30 ans, qu’est-ce que j’ai fait de ma vie ? » et là à 33, je suis juste contente. Oui, aujourd’hui j’ai 33 ans et je suis heureuse d’atteindre le canonique « âge du christ », surtout parce que j’ai hâte d’aller voir ce qui se passe après !

C’est vrai, 33 ans pour moi ça veut dire plein de choses.

30 ans + 3 ans

L’année de mes 30 ans, j’ai connu pas mal de déclics, des drôles et des moins drôles. Mais c’est aussi l’année où j’ai décidé d’être adulte, mot dont je refusais de me qualifier et que j’avais d’ailleurs assez de mal à définir.

Puis j’ai compris qu’être adulte, c’est accepter que nous sommes mortels et que ce n’est pas quelque chose de triste. Au contraire, c’est une base à partir de laquelle on peut aller explorer ce que la vie a à nous offrir. Alors, depuis trois ans, j’essaie d’accélérer les possibles et de me réjouir du réalisé.

Les possibles il y en a plein. Seuls quelques-uns deviendront des souvenirs ou des acquis, d’autres me sont encore insoupçonnés et ça me réjouit. Quand on est riches de possibles, on est riche de sa vie. Je ne saurai peut-être jamais parler italien, je ne verrai jamais tous les films qui sont dans ma liste, mais je réaliserai peut-être mon grand projet de résidence (stay tuned ! ). Ou alors ce super projet qui me tient à cœur se transformera en un autre. On verra. Et je trouve ça chouette les « on verra », ça me rend vivante !

33 ans et 3 ans de Pour une cérémonie

J’ai quitté mon ancien travail le 30 novembre 2015, j’avais 30 ans et une semaine. Depuis, mes anniversaires sont aussi ceux de cette décision qui a changé ma vie. Je savais que je voulais partir, je savais que je voulais faire autre chose, remettre du sens et mes valeurs dans mon métier. Pourtant quand j’ai dit au-revoir à tout le monde, je n’en menais pas large. J’étais convaincue d’avoir pris la bonne décision et parfaitement effrayée par l’inconnu qui s’annonçait.

célébrer cérémonies
© Onzième Avenue

Trois ans après, je suis toujours persuadée d’avoir pris la bonne décision et un peu moins effrayée. L’inconnu se dévoile et devient plus abordable. Moi qui ne connaissait rien au monde du mariage, j’ai appris plein de choses, rencontré des personnes formidables et créé 28 cérémonies ! Oui 28, déjà 28. Chacune d’elle est un souvenir unique et m’a enrichie que ce soit à travers les rencontres, les expériences de chacun ou bien le fait qu’il ne faut pas porter de robe portefeuille quand il y a du vent. La maman de L. m’en saura gré 😉

33 ans et les suivants ?

Les prochaines années sont peuplées de « on verra ». C’est la force du futur. Et ce que je sais déjà, c’est que je pourrai compter sur mes amis et sur ma précieuse famille. Plus je vieillis, plus je prends acte des piliers qu’ils sont dans ma vie : ils sont la stabilité de mes « on verra ».

Je sais aussi que je vais continuer les rencontres et que certaines d’entre elles deviendront des amitiés réelles – on n’en a jamais trop. Je sais que de jolis mariages s’annoncent pour 2019. Déjà 7 de confirmés, et pas des moindres ! Je sais aussi que je vais tenter de rendre réels deux gros projets avant mes 34 ans. J’espère que ces possibles-là deviendront réels et constitueront bientôt de beaux souvenirs. Et il y a tout ce que je ne soupçonne même pas.

aujourd'hui j'ai 33 ans !
(c) Rémi Barthas

Alors on fait quoi ? On se donne rendez-vous pour le bilan des 34 ans ?

Votre cérémonie d’engagement ne se fera pas sans vous

Créer une cérémonie, c’est du boulot pour vous aussi 🙂

votre ceremonie ne se fera pas sans vous
© Priscilla du Preez

Ce qui est génial avec une cérémonie laïque, c’est qu’on fait exactement ce qu’on veut. Et ce qui est stressant avec une cérémonie laïque c’est qu’on ne sait pas toujours ce qu’on veut !

On part d’une feuille blanche. Immaculée. Et parfois on a la sensation qu’elle est bien vide, mais c’est seulement une impression au début, ensuite elle se remplit sans cesse, vous verrez.

Pendant nos premiers rendez-vous, vous me posez souvent la question de ce qui se fait ou ne se fait pas dans une cérémonie laïque. Régulièrement, vous me demandez si vous « avez le droit ». Le droit de ne pas donner la parole aux témoins, d’intégrer un morceau de musique qui vous plait, de ne pas prononcer de vœux, etc. Ma réponse est la même à chaque fois : bien sûr ! On part de vous, de vos envies, de ce qui vous touche ou vous fait rire. Vous êtes la matière de votre cérémonie. C’est pour cela que votre cérémonie ne se fera pas sans vous. Et j’y tiens ! Oui, j’ai besoin de vous pour construire votre cérémonie. Je dirais même que je vous confie trois missions.

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Oui oui trois ! © Kazuend

Votre première mission : m’aider à définir votre cadre

Lors de notre première rencontre, je vous découvre et vous me découvrez. Nous sommes encore des inconnus qui s’apprivoisent peu à peu. Lors de cette première étape, j’ai besoin de vous pour que vous me racontiez, ou plutôt que vous vous racontiez. Ce que je souhaite, c’est entendre votre histoire à travers vos mots, vos sourires, vos aventures petites et grandes.

C’est aussi pour cela que je ne travaille qu’avec des couples avec lesquels je sens le courant passer. Petit luxe d’officiante, j’aime que la conversation soit fluide, qu’on se sente mutuellement en confiance pour échanger et avancer dans la même direction.

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Conçu par Freepik

Ainsi, dès nos premiers rendez-vous, je tiens à vous faire sentir que la cérémonie ne se fera pas sans vous. Sans vos anecdotes, sans vos envies mais vous aussi vos don’t absolus. Et oui, sans tout ça, votre cérémonie ne serait qu’une jolie coquille creuse. C’est aussi pour cette raison que je vous pose tant de questions !

Votre deuxième mission : faire des choix

Ça parait simple comme ça, mais ça ne l’est pas toujours ! On va envisager mille options pour votre cérémonie, on va évoquer tous les proches que vous avez envie de voir participer. Vous allez hésiter entre deux textes, trois chansons, une forme de cortège ou une autre. Et comme je n’aime pas trop vous mettre la pression, dans un premier temps, je vous accorderai le temps de la réflexion. C’est vrai quand on a 9 voire 12 mois devant nous, on n’a pas besoin de se presser.

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© Rana Sawalha

Mais vous verrez à un moment je me ferai plus pointilleuse. En effet, les choix que vous ferez définiront le ton de votre cérémonie, ils donneront aussi une inflexion aux interventions de vos proches. Un bon exemple illustrant bien le fait que votre cérémonie ne se fera sans vous est lié à la musique que vous choisirez. Si vous entrez sur le Canon de Pachelbel, le début de votre cérémonie n’aura sûrement pas le même ton que si vous entrez sur Led Zeppelin, ou dans un tout autre genre sur du Pink Martini.

Je reconnais que j’ai souvent une idée de la direction dans laquelle vous allez, mais vos choix, vos choix définitifs, me permettront d’asseoir mes intuitions et d’avancer avec vos proches.

Votre troisième mission : profiter du jour J

Cette mission est peut-être la plus compliquée car elle nécessite que vous retiriez votre casquette de chef de projet mariage. Celle avec laquelle vous vivez à plein temps depuis plusieurs mois.
Alors c’est vrai, pendant la préparation il m’arrivera d’insister pour que vous preniez des décisions, pour que vous soyez acteurs et réalisateurs de votre cérémonie mais le jour J, je tiens à ce que votre seule action soit de profiter.

votre cérémonie ne se fera pas sans vous
© Carlos Hernandez

Alors oubliez l’heure, ne vous demandez pas si le traiteur arrivera à préparer le cocktail à temps, faites confiance à vos témoins pour le plan de table. Votre mariage n’aura lieu qu’une fois même si ça fait des mois que vous le préparez. Alors le jour J, regardez, écoutez, entendez ce que vos proches ont à vous dire. Si la cérémonie dure 5 minutes de plus que prévu, ce n’est pas grave, ce seront cinq minutes de plus de communion avec vos invités. Car là encore, votre cérémonie ne se fera pas sans vous, sans vos sourires, sans votre émotion, sans votre présence à chaque moment. C’est de ça dont vous vous rappellerez et c’est ce souvenir que vos invités garderont aussi. Savourez, c’est votre moment !

C’est quoi pour moi être officiante ?


Ma charte d’officiante !

charte d'officiante pour une cérémonie
© Ernestine et sa famille

Ces derniers temps j’ai beaucoup réfléchi à ce que représentait mon métier, à la manière dont je définirais ma mission. Et cette question me semble en fait assez ardue. Je fais beaucoup de choses à l’instinct et la frontière est ténue entre la professionnelle et la personne que je suis. Mais je pense que c’est aussi ça qui construit ma conception de ma mission d’officiante. Alors j’ai eu envie de réunir mes idées et mon approche dans un article comme une charte d’officiante. Ma charte d’officiante comporte six grands points :

  1. Tout part d’une rencontre
  2. Chacun.e est unique ne l’oublie jamais
  3. Du sur-mesure tu créeras à chaque fois
  4. Les stars ce sont les mariés
  5. Toutes les histoires sont belles à raconter
  6. Du plaisir, tu prendras à chaque instant !

Pour le détail c’est ci-dessous ! Attention article fleuve !

Temps de lecture : 5 bonnes minutes 🙂

De l’importance de la rencontre

Les personnes dont je dois parler, les personnes que je dois écouter et représenter ce sont celles qui forment le couple des mariés. C’est pourquoi il me semble nécessaire que nous nous rencontrions avec eux. Je parle là de rencontre au sens fort du terme. La rencontre entre un couple et son officiante c’est l’étape nécessaire pour une cérémonie réussie, après la rencontre du couple évidemment !

charte d'officiante pour une ceremonie.fr
© Mikayla Herrick

Mes amis se moquent souvent de moi car après chaque rendez-vous avec un couple de mes mariés, je répète « je les aime bien eux » comme s’ils étaient mes préférés. Mais en fait ce sont tous mes préférés ! Avec chaque couple, il y a un lien qui se construit, des moments où ils me touchent particulièrement, des connivences évidentes et des sujets qui me posent question, me permettant d’aller encore plus loin.

charte d'officiante pour une ceremonie
© Brooke Cagle

Révéler le beau de chaque histoire

Toutes les histoires sont belles à raconter. Il y a du beau dans chaque événement, même dans les plus douloureux ou les plus gênants au premier abord. En préparant la cérémonie, on crée naturellement une intimité assez impressionnante avec les mariés. Une intimité digne d’une amitié bienveillante où je cherche à comprendre leur histoire sans jamais rien juger. C’est pourquoi je n’ai pas de tabou.

J’aime qu’on aborde les joies extrêmes, mais aussi les failles car elles participent des personnes qui forment le couple que l’on va célébrer. Ainsi, pour moi, créer des cérémonies sur mesure c’est intégrer, parfois juste entre les lignes, une histoire, un parcours, des familles, des envies, et des angoisses aussi. Tout a sa place dans une cérémonie de mariage, on dose ensuite avec les volontés et les pudeurs.

charte d'officiante de pour une cérémonie
© Alvin Mahmudov

Parfois un conflit familial peut être le prétexte à un discours sur le thème de l’amour et de la tolérance. Parfois l’’évocation de la perte d’un être cher peut appuyer un message invitant à profiter pleinement des moments de joie. Ou pour être plus légère, certains petits secrets comme une rencontre sur Tinder peuvent être dévoilés pour mettre les coups de foudre numériques à l’honneur. On peut faire passer de jolis messages tout en douceur pendant la cérémonie. Il suffit simplement de regarder du côté du beau.

Créer une expérience unique

Ce sont toutes ces petites choses qui vont faire de la cérémonie un événement unique. Unique car à l’image des mariés, bien sûr. Mais aussi unique car elle correspondra à un moment de leur histoire. C’est l’occasion de faire un arrêt sur image pour partager avec leurs proches ce qu’ils sont et ce qui compte pour eux à cette étape de leur vie.

charte d'officiante pour une cérémonie

Alors on part toujours d’une feuille blanche et on déroule ensuite les options, qu’on garde ou qu’on écarte au fur et à mesure. Cela peut, parfois, déstabiliser les personnes que je rencontre pour la première fois. En effet, je n’ai pas de modèle de cérémonie à leur proposer, seulement des directions, des inflexions. Car le modèle, leur modèle, je vais le créer avec eux. Il leur ira parfaitement et n’ira parfaitement qu’à eux. Et le jour de leur mariage, les stars ce seront eux. Seulement eux, pas moi. Je serai seulement une passeuse. Celle qui les mettra en lumière.

charte d'officiante - pour une Cérémonie
© Gul Kurtaran

C’est ainsi que j’essaie de fabriquer une cérémonie en accord parfait avec les mariés. Prenons, par exemple, la question des rituels. Avec certains couples, je sais que le rituel n’aura pas de sens ou de valeur, qu’ils auront l’impression de mimer quelque chose qui ne leur ressemble pas, alors on laisse tomber. D’autres fois, je sens que certains rituels – parfois classiques – symboliseront parfaitement des valeurs chères aux mariés. Il y a toujours de l’universel dans le classique, ne le boudons pas !

Et il arrive aussi qu’au fil des rendez-vous, on construise un rituel unique avec les futurs mariés. Un rituel qui s’intègre complètement dans leur démarche et leur histoire. Réalisé par d’autres, il n’aurait aucun sens mais avec eux il s’impose naturellement.

Construire une cérémonie sur-mesure

Ainsi, je crée des cérémonies sur-mesure, c’est un fait. Je ne suis pas la seule officiante à privilégier ce format. Et pour être honnête, je considère que toutes les cérémonies devraient l’être. Certes, j’ai conscience que le sur-mesure a un coût, et que cela peut être une contrainte réelle. Alors oui, créer une cérémonie de ce type ça coûte de l’argent, et parfois on n’a pas les moyens ou le budget. Je respecte cela. C’est vrai, je bichonne mes clients, c’est la manière dont j’aime travailler, mais je respecte les choix de celles et ceux qui privilégient d’autres budgets.

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Conçu par Freepik

J’aime prendre le temps avec mes mariés, leur expliquer les options et leur raconter leur cérémonie. J’utilise des éléments concrets auxquels ils peuvent se raccrocher dans un premier temps : l’installation dans l’espace, la place de la musique, la façon de créer et verbaliser le symbolique dans la cérémonie. Peu à peu, je les vois s’approprier la cérémonie, leur cérémonie. Celle que nous fabriquons à partir de leur histoire et de leurs envies.

Mon rôle c’est d’être le chef d’orchestre pendant la préparation et le jour J. Je me vois comme une facilitatrice, je m’assure que les choses s’enchaînent avec fluidité. Je souhaite avant tout que les mariés et leurs invités se rappellent du moment dans sa globalité plus que de ma prestation de showgirl. Toujours ce fameux rôle de passeuse !

Une célébration aussi simple en apparence qu’elle a été élaborée en amont

Et oui, derrière mes airs de fille désinvolte et rigolote, je cache un côté très sérieux. Je fais des compte-rendu de rendez-vous, des listes de matériel à ne pas oublier le jour J. Je relance les retardataires pour qu’ils préparent leurs interventions à l’avance, j’écris ma cérémonie de A à Z et je la répète plusieurs fois avant de la célébrer le jour J. Parce que ce moment doit être parfait et en même temps très naturel. Et selon moi, il n’y a que la préparation rigoureuse en amont qui permette d’être pleinement à l’aise et détendu.e le jour J.

Ce sont tous ces éléments, portés par cette intention fondamentale, qui me permettent de donner vie à des cérémonies où l’on se rappelle essentiellement de la magie du moment. Je cherche toujours à créer des cérémonies à l’image de mes mariés évidemment, toutes en fluidité et en sincérité. Et quand en plus on me demande si je suis amie avec les mariés depuis longtemps, je danse intérieurement. Pour moi cette question boucle la boucle et symbolise au mieux le lien qu’on a créé et cette fameuse rencontre à laquelle je tiens tant !

Et si on préparait votre cérémonie ensemble ?

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© Frans Hulet

Mon premier cours de cérémonie laïque !

Appelez-moi madame la professeure !

Premier cours de cérémonie laïque

Mini nouvelle rapide et maxi joie ! J’ai repris les chemins de l’école hier mais cette fois c’était moi qui jouait le rôle de la prof ! J’ai donné mon premier cours de cérémonie laïque, et plus précisément d’écriture de cérémonie, à 5 apprenties officiantes de l’Internationl Wedding Institute.

J’aime parler de mon travail, ce n’est pas un secret mais j’ai vraiment adoré cette expérience. J’en suis ressortie épuisée (bravo les profs à plein temps !) et enrichie de mille idées. Les échanges avec mes futures consœurs étaient denses, riches et m’ont permis d’avoir des regards nouveaux sur de nombreux sujets et sur certaines de mes évidences qu’elles ont interrogées ou nuancées.

Alors merci les filles ! Bonne chance sur la route des officiantes de cérémonie. Vous allez voir, ce métier est un bonheur ! Et moi j’espère renouveler l’expérience bientôt !