Tous les mariés ont-ils trente ans et un job dans la communication ?

Comment ça se passe les mariages ?

Tous les mariés n'ont pas trente ans
Photo de Tom Pumford sur Unsplash

Je ne sais pas vous, mais quand je me balade sur les blogs de mariage et sur les réseaux sociaux j’ai l’impression que (presque) tous les mariés ont le même profil : majoritairement hétéro, une trentaine d’années, une dégaine à couper le souffle, des amis beaux, un boulot sympa dans la communication ou la création, et un mariage dans un domaine splendide. Étant moi-même trentenaire, hétéro, avec un boulot qui me passionne et étant dotée d’amis très beaux, je me dis que c’est peut-être la magie des algorithmes qui me montre des gens dans la même « cible » que moi. Mais je n’en suis pas si sûre !

Qui sont les couples qui se marient

Au vu de la saison que je suis en train de vivre et de mon humble expérience, je peux vous assurer que mes onze couples bousculent un peu cette impression bloguesque ! Bon par contre, ils sont tous beaux, oui c’est mon critère numéro un quand je choisis mes clients 😉 ou alors je trouve tout le monde beau, question de point de vue !

Tous les mariés n'ont pas trente ans
Photo de Chris Goody sur Unsplash

Alors oui, cette année j’ai croisé des trentenaires cadres dynamiques, mais pas seulement. J’ai marié des « bébés » de 23 et 25 ans, amoureux depuis le collège. J’ai préparé la cérémonie laïque d’un couple « atypique » aux dires du marié (qui a trois dizaines d’années de plus que son aimée) et je vais célébrer le renouvellement de vœux d’un couple de quarantenaires.

J’ai croisé la route d’un couple qui s’est marié dans son jardin. Elle célébrait son premier mariage et lui son deuxième. Chacun avait une histoire différente liée au mariage mais leur évidence était de s’unir dans leur maison du bonheur. S&E se marient un dimanche. Un peu par tradition et aussi pour pouvoir profiter d’un week-end complet avec les amis !

Tous les mariés n'ont pas trente ans
Photo de Kats Weil sur Unsplash

Chaque exemple, chaque détail d’exemple remet en cause les clichés du mariage. Parce qu’à chaque fois un mariage c’est une histoire pas un cliché. Parce qu’à chaque fois on y met du sens.

Mes rencontres 2017

Les couples que je rencontre sont fous, passionnants et souvent très drôles ; aucun ne ressemble à un autre. J’ai eu des fous rires en lisant les propositions de traductions outrancières pour le mariage de B&M, j’ai adoré casser les règles de la cérémonie avec G&N, je suis ravie de coacher la fille de L&G pour qu’elle récite un poème en ouverture de cérémonie. Elle a 8 ans, et c’est ma meilleure amie évidemment donc on va y arriver même si elle est un peu intimidée.

J’ai également adoré préparer le mariage de L&Y par exemple, cible parfaite des blogs de mariage. Ils ont presque trente ans, sont beaux comme ce n’est pas permis, ont fêté leur mariage esprit guinguette dans une ancienne ferme et sont entourés d’amis beaux et sympas comme eux. Ou préparer celui de B&M dans un domaine qu’on dirait créé pour réaliser des films de mariage. Mon propos n’est pas de remettre en cause le mariage « cible », juste de rappeler que la vraie vie ce n’est pas tout à fait que ce qu’on voit dans les blogs ! En fait si, ça l’est, mais ce n’est pas que ça !

Tous les mariés n'ont pas trente ans
Photo de Timothy Paul Smith pour Unsplash

Un mariage, c’est souvent une photo parfaite au coucher du soleil, des tonnes de comptes Pinterest étudiés à la loupe, une première danse fun ou émouvante, ça peut être des témoins habillés dans les mêmes tons, voire les mêmes tenues. C’est, souvent, les larmes du marié quand sa promise ou son promis arrive, c’est presque à chaque fois un couac dont on se souviendra en riant. C’est aussi et surtout un mix parfait entre des gens qui s’aiment. Des gens qui, parfois, se ressemblent énormément, et parfois cultivent leurs différences. Ils n’ont pas la même religion, pas les mêmes tenues, pas les mêmes envies – je repense à ma mariée princesse et son mari en short et sandales dès la cérémonie terminée.

Tous les mariés n'ont pas trente ans
Photo d’Eric Ward sur Unsplash

J’ai presque envie de dire qu’au fond peu importe, mais en fait si ça importe ! Parce que c’est ça qui fait la magie ! En tout cas selon moi. Parce que j’adore marier des gens qui n’ont pas la même religion, qui ont des familles compliquées ou qui font des barbecues en short dans leur jardin pour leur mariage. Tout comme je me réjouis de découvrir des lieux splendides, de faire des blagues de (d’ex) jeune cadre dynamique et discuter déco que les marié.e.s fignolent de leurs dix doigts.

Tous les mariés n’ont pas trente ans et ne sont pas toujours des jeunes actifs passionnés de communication et de DIY. Et en fait c’est ça qui est génial ! Et je remercie chaque blog qui raconte des mariages « atypiques« . Je rêve d’ailleurs d’en croiser de plus en plus. Pour que derrière atypique on entende enfin seulement « à leur image ».

Tous les mariés n'ont pas trente ans
Photo d’Andrew Robles sur Unsplash.com

Alors aidez-moi à élargir mon horizon d’inspiration ! Quels comptes suivez-vous sur Instagram, Facebook et autres blogs mariage ?

PS : d’ici quelques jours, je partage avec vous mes mariages 2017. Les récits de cérémonie sont en cours de relecture chez mes mariés. Ils arrivent !

Du contrat de cohabitation au mariage : l’exemple suédois

Vivre ensemble, s’aimer, se protéger

Au fil de mes lectures, je cherche à mieux comprendre ce qu’est le mariage, ce qu’il représente et comment il est appréhendé. Je voudrais donc m’arrêter aujourd’hui sur un article croisé dans Mariages et homosexualités dans le monde, dirigé par un collectif de chercheurs en sciences humaines.

Il y a une mine d’informations et de thèses intéressantes dans ce livre alors il est possible que je vous en reparle. Aujourd’hui je m’arrêterai cependant sur l’article consacré au concept d’égalité dans les pays scandinaves. Et je me concentrerai plus précisément sur l’exemple suédois. Bon en vrai, j’aime bien l’exemple suédois sur de nombreux sujets 🙂

Quel rapport avec le mariage me direz-vous ? Et bien justement ! L’ouverture du droit au mariage pour les couples homosexuels est le résultat d’un cheminement qui s’interroge perpétuellement sur l’égalité entre les individus. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui la sexualité – au sens d’orientation sexuelle – est décorrélée de la question du droit au mariage.

Mariage et égalité

Le mariage est ouvert aux individus et leur assure une série de droits peu importe leur sexualité. Mieux même, le sujet n’est pas de considérer que la sexualité des individus n’importe pas. On considère plutôt que cette donnée fait partie de la sphère privée. Elle n’est donc pas différenciante d’un point de vue légal.

Dès le début des années 80, le gouvernement suédois a travaillé à la fois sur la place des homosexuels dans la société et sur une réforme du mariage. Ces deux réflexions répondent au principe d’égalité évoqué ci-dessus. L’interrogation porte à la fois sur l’importance de considérer l’homosexualité à égalité avec l’hétérosexualité (pas de différence entre les individus, quelle que soit leur vie privée) et sur la création d’une protection légale égale entre les couples non mariés et mariés.

Les réflexions ont commencé dès 1984, oui 1984 ! Au risque de paraître insistante, ça veut dire qu’en Suède on se posait la question de l’égalité entre homosexualité et hétérosexualité presque 30 ans avant que certains manifestent en France pour dire que la famille c’est un papa et une maman et que le pacs ça suffit bien pour les couples homo, etc. etc. C’est une des raisons, pour lesquelles j’aime bien les exemples suédois, ils ont très souvent une grande longueur d’avance !

De l’association domestique au partenariat enregistré

Bon je reprends. Au terme du débat parlementaire, deux lois de cohabitations ont été votées en 1987. Elles accordaient des droits et une protection aux couples cohabitants non mariés. Une loi concernait spécifiquement les couples homo, l’autre les couples hétéro. Il y avait donc une avancée avec une reconnaissance d’une « association domestique » pour les couples vivant ensemble mais le simple fait qu’il y ait deux lois était un facteur de discrimination. Il a d’ailleurs rapidement été remis en cause (dès 1994) et les deux lois ont été fusionnées en 2003.

2003, ça fait tard ! Mais, c’est aussi parce que dès 1994, un pas supplémentaire a été fait, avec le « partenariat enregistré ». Ce contrat accorde aux couples non mariés (hétéro et homo) une série de droits et devoirs très proches de ceux des couples mariés. Là encore, ils sont trop forts ces Suédois ! Je m’explique. Dès 1994, une loi a permis aux couples qui ne pouvaient pas se marier et aux couples qui ne voulaient pas se marier de s’inscrire dans un cadre légal. Certes, sur ce point, c’est seulement 5 ans d’avance sur la France, en même temps le « partenariat enregistré » c’est bien plus que le PACS. De fait, la série d’amendements autour de ce contrat a conduit à en faire un équivalent du mariage nous explique Marie Digoix dans l’article.

L’ouverture du droit au mariage aux couples homosexuels date, elle, de 2009, et les couples homo peuvent adopter depuis 2002.

En Suède, le cadre légal de la conjugalité et de la parentalité est donc pleinement égalitaire. Sur ces questions, tous les individus sont égaux. Il n’y en a pas de plus égaux que les autres pour reprendre la formule d’Orwell. Et moi je trouve ça super, simplement, et je voulais partager mon enthousiasme avec vous.

Marie Digoix, « Scandinavie. Le concept nordique d’égalité entre différenciation et universalisme », dans V. Descoutures, M. Digoix, E. Fassin, W. Rault (dir.), Mariages et homosexualités dans le monde, L’arrangement des normes familiales, Les éditions autrement, 2008